Images et Impressions d'un Cosmopolite

Mes villes, instantanés et réflexions... "Cosmopolite: Qui vit indifféremment dans tous les pays."

25 novembre 2006

Un frère est un ami donné par la nature. *

C'est cette année que je me suis rendu à quel point je ne voulais pas te perdre. Je ne POUVAIS pas te perdre. J'avais abusé, je n'étais pas assez là. J'abuse encore, je récidive, je persiste et je signe, mais je pense que tu m'en veux moins maintenant, parce que je suis loin. Trop loin. Mais si près de toi.

Il est loin le temps des coups et des cris de l'enfance. Tu as toujours été plus fort, même si j'étais plus grand. Plus vieux en tout cas. Toujours allié avec Esther, c'était plus drôle de se mettre à deux grands contre le petit dernier. (Petit dernier, petit chouchou, tu étais un souffre-douleur bien pratique. Oh, tu avais bien compris les avantages que tu pouvais tirer de ta situation de benjamin: d'ailleurs, je devrai probablement attendre d'avoir moi-même des enfants pour comprendre pourquoi les petits derniers ont toujours raison.) Ou alors toi et moi contre elle, la seule fille, donc la préférée. Les trajets en voiture étaient d'incessantes bagarres, et nos côtés mauvais joueurs n'aidaient pas à la réconciliation. Mais au fond, l'harmonie a toujours été présente.

Tu ne me l'as jamais reproché en face, mais tu m'en as voulu d'avoir quitté la maison si brusquement. Je n'étais plus là pour rire avec toi de ceux qui sont notre quotidien, plus là pour te chasser de l'ordinateur, plus là pour me battre, plus là pour te pousser à faire tes devoirs, plus là pour t'écouter. J'étais ailleurs, pas loin, mais trop loin quand même, trop occupé à ce que je croyais être grandir. Je croyais sincèrement être là, mes passages-éclairs et nos fous rires complices du vendredi soir donnant des excuses à ma conscience. Je ne l'étais pas assez. Je m'en suis mordu les doigts.

Je voudrais être un grand frère modèle. Je ne sais pas ce qu'il faut faire, exactement, pour bien jouer ce rôle. Tu peux m'aider, tu peux me le dire. Ne jamais hésiter. Je sers à ça, après tout. Papa nous a toujours répété que "le plus important, c'est de bien s'entendre entre frères et soeurs". On réussit plutôt pas mal, même si on peut toujours faire mieux...
Je t'ai toujours admiré: tu étais le beau, le fort, le sportif. Tu as toujours été très entouré tout en restant solitaire: les enfants se battaient pour être tes amis, des filles de tous âges sonnaient à la maison ou glissaient des lettres sous la porte. J'étais jaloux (un peu), et fier (tellement). Jaloux de tes succès sportifs et amoureux. Fier d'avoir un frère qui vivait pleinement ses années "collège" et "lycée", alors que j'avais toujours été un peu renfermé. Et admiratif devant ton indépendance malgré ta popularité.

Aujourd'hui tu as dix-huit ans. Bien sûr, c'est uniquement symbolique, mais tu attendais ce symbole. Le petit dernier devient adulte: c'est les parents qui vont en prendre un coup! La vie s'ouvre à toi : vis, vois, découvre, joue, voyage, ris, chante, pleure, crie, écoute, grandis, rencontre, aime, rêve... Et sache que je serai toujours là pour toi, en grand frère se démenant tant bien que mal pour être bienveillant...

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Je t'aime mon frère! Et te souhaite un merveilleux anniversaire...

*Gabriel-Marie Legouvé

Posté par marc o à 17:48 - Thoughts - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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