02 décembre 2006
La jungle est un état d’esprit.
Transe orang asli
Vidéo envoyée par ptimarco
On l’a, ou pas. Ca dépend des jours. Moyen pour moi, en ce moment…
L’eau est marron, les rivages sont luxuriants, et le ciel d’un bleu intense parsemé de nuages hauts. J’avais décrit ce paysage, le même exactement, lors de ma précédente aventure dans la jungle malaisienne (qui n’était pas loin d’ici d’ailleurs, cf tous mes posts de la fin septembre).
Le rafting n’en est pas : c’est plutôt une (très) longue balade en
bateau pneumatique, les rares rapides ne suffisant pas à inclure un
quelconque danger dans le voyage. Jouer à s’arroser avec les pagaies,
partir à l’abordage des autres équipages, ça va deux heures. Après, ça
devient lassant. Mais les paysages sont reposants, le ciel tellement
serein… La saison des pluies a oublié de venir aujourd’hui, elle nous a
laissé un moment de répit et offert une journée magnifique.
Cinquante kilomètres en deux jours, c’est long. Les enfants Orang-Asli nus sur les berges constituent une distraction : ce sont les seules traces de vies humaines que l’on rencontre sur la rivière.
Le groupe est large, donc hétéroclite. Il est toujours intéressant d’observer qui est « cool » et qui l’est moins. Ceux qui participent aux jeux et ceux qui regardent. Ceux qui organisent et ceux qui suivent. Ceux qui s’imposent et ceux qui n’osent pas. Nuit dehors, avec un toit, mais en extérieur, à même le sol en béton. Moins bien que la caverne, donc. Dans un « village » aborigène où l’école flambant neuve n’a rien à envier à nos écoles françaises « modernes ». Sauf peut-être l’électricité, qui n’arrive pas jusque là, en tout cas pas ce soir.
Danses tribales, transes traditionnelles. Aux sons de bambous frappés sur le sol, un rythme s’installe, une cadence prend forme, et les hommes, seuls les hommes commencent à tourner sur la piste. Les femmes et les enfants jouent du bambou et regardent. Une énorme araignée surgit sur la scène : une vraie, peut-être dix centimètres de diamètre. Certains prennent peur, quelqu’un l’écrase. Les enfants sont choqués : pourquoi tant de violence ? Ici, c’est la maison de l’araignée… C’est vrai, pourquoi nos peurs doivent-elles l’emporter sur les cultures locales ? L’araignée n’avait rien fait, elle était juste énorme, noire et jaune. De toute façon, maintenant, elle n’est plus.
Commentaires
A la lecture de tes derniers posts, tu commences à devenir un vrai TCK, toi :-)
http://en.wikipedia.org/wiki/Third_Culture_Kids
Non ?
-> Gé: j'aime bien le concept, mais à mon avis, mes enfants en seront de plus authentiques que moi, je n'ai pas eu la chance de grandir ailleurs qu'à Paris (oui oui, je me rattrape sur le tard;-). Toi t'en es une vraie, de TCK? Au fait, je t'ai pris un Kosmo malaisien, un genre de tabloïd/quotidien local (y'avait pas "le monde", désolé:-) mais pour Singap, tu préfères le classique Straits Times ou un truc moins sérieux? de l'anglais ou du chinois ou de l'indien ou du bahasa? ou un peu de tout?:-)
En fait, il fait parti des aventuriers de Koh-lanta, tres peu d'epreuves physiques, beaucoup de mental.Ils s'observent les uns les autres, font des alliances... Mais de cette aventure IL N'EN SORTIRA QU'UN "c'est SUPER MARC_O" parce que prevoyant, il a toujours une boite Oreo (ceci est une coupure pub =>cette semaine achetez 2 boites d'oreo la 3eme est gratuite).
hegemon dit, water , water everywhere and not a drop to drink, except for marc_o king of a pond.
j'ai découvert le concept il y a peu de temps, grâce à Jordane http://sisterandsister.hautetfort.com/
Et je ne vais pas faire dans le mélo là non plus, ça m'a changé la vie, et celle de ma soeur aussi. J'ai ensuite acheté un bouquin sur le sujet, c'était une sensation incroyable de voir sa vie et ses prises de têtes écrites tout simplement sur le papier, et surtout de se rendre qu'on était pas toutes seules à se poser des questions. Je me sens bien plus sereine depuis...
Quand au journal c'est super !! Du papier journal de base ça me va super bien, des machins gratuits avec des pubs que tu trouves dans la rue, tant que c'est du papier journal avec des images pas trop colorées ça me va.
Pour être un peu plus explicite, ce que je souhaiterais faire, c'est tapisser un de mes murs avec des pages de journaux venant de plein de pays différents, dans toutes les langues possibles, du coup pour garder de l'harmonie j'essaie d'éviter le papier glacé :-) Un coup de vernis par-dessus pour la finition, quelques blancs réservés pour accrocher des cadres et hop j'ai mon mur personnalisé :-)
Mais surtout, ne t'ennuie pas à trimbaler des trucs encombrants ou compliqués, si tu ne peux rien ramener c'est pas grave !!
Ge > moi je suis un oil brat(cf definition sisterandsister), il faut croire.
c'est marrant comme nom, mais l'arret de l'expatriation tres jeune, ne m'a pas contamine pour en etre un vrai.
Aussi, meme si je pense que partout c'est chez moi et que j'aurais bien voulu encore aller ailleurs (pour des raisons personnelles meme si"l'etranger"
m'attire il faut que j'y reflechisse à 2 fois, car j'ai un boulet qui me retiens).
En revanche taire des choses, ou ne pas desirer qu'on regarde trop à l'interieur ça je connais...
( peut etre aussi pour d'autres raisons...).
hegemon dit,meme si j'ecris ça ici, j'espere que personne ne viendras lire.
-> hegemon: tu sais quoi? j'avais pris en cachette des petits sachets d'oreos pour la malaisie... au cas où... et ils m'ont bien servi!!
Deuxième réponse: ne t'inquiète pas, mon blog n'est pas (encore) populaire, tu peux venir te cacher ici... Taire des choses, ne pas désirer qu'on regarde trop dedans, c'est peut-être plus du ressort masculin qu'autre chose (rapport au remake de l'ultimo bacio que je viens de voir au ciné)... quand à l'expatriation, je la teste pour un an, tout laissé à paris, pas facile à prendre la décision, mais faut la réfléchir, bien la réfléchir la ptite, et on est jamais sûr de prendre la bonne... mais après 6 mois, et d'après mon expérience personnelle: fonce...
-> gé: merci pour ce concept encore, je le trouve cool, je le proposerai à mes enfants (dans quelques années!!;-); aha, tu me fais marrer avec ce blog, hec expat, normal que j'aie retrouvé cette Dom sur ton blog, notre monde est petit... mais ça prouve qu'il y a quand même des gens intéressants en école de commerce (oulah, je vais pas me faire que des amis moi...;-) Quant aux journaux, j'ai bien pris note, je fais c'que je peux pour toi et rendez-vous dans deux semaines:-)
Juste un commentaire sur la discussion des commentaires (meme pas sur le billet, ouh, faut pas dire des choses interessantes comme ca en commentaire, apres on ne sait plus ou donner de la tete!): la decision de l'expatriation n'est jamais definitive, on peut revenir a tout moment! Ca parait evident comme ca, mais partir quand on sait qu'on peut tres facilement revenir, c'est quand meme une decision beaucoup plus legere que tout quitter pour toujours... Evidemment on n'est jamais pareil quand on revient et apres on laisse un petit bout de soi partout, mais chuuut, si on le sait pas avant, c'est plus facile... Et puis je trouve que ca rend la vie bien interessante, en fin de compte...
Alala les TCK, maintenant qu'on a decouvert ca on peut plus s'empecher d'en parler, n'est ce pas Ge? Je suis encore en pleine lecture du livre pour ma part. Mais je crois que je suis contente de l'avoir decouvert e ce moment de ma vie, j'ai eu le temps de me poser pas mal de questions seule avant et j'apprecie d'autant mieux de voir tout ca explique si clairement.
Sinon je pense etre un specimen feminin du "Taire les choses", est ce lie a ma TCKite aigue ou non, je sais pas, sans doute un peu, sans doute pas que. Mais je travaille a trouver le bon equilibre...
Et pour commenter le commentaire des commentaires d'ishkueu, j'approuve :-), d'ailleurs dans le livre ils expliquent que en tant qu'expat il suffit de rentrer chez soi pour ne plus etre qu'un ex-expat. Apres ca se complique quand on a des enfants car eux vivent cela a une periode cle de leur socialisation et les consequences sont a vie, on ne peut pas etre un ex-TCK, on ne devient qu'un AdultTCK. Je ne pense pas que bcp d'expats realisent cela avant de partir.
-> ishkueu: c'est vrai que c'est bien l'expatriation, et c'est encore mieux de savoir que si jamais on veut rentrer, on peut, parce qu'au fond on a toujours un chez soi quelque part... partir n'est jamais vraiment définitif en fin de compte, et puis on peut toujours aller ailleurs...
-> dom: je suis nouveau dans les TCK, c'est bien que tu nous fasses un pti résumé des passages intéressants... j'en suis pas un vrai, mais le concept est vraiment cool, et c'est sociologiquement très instructif sur cette catégorie qui me passionne (parce qu'elle m'a toujours fait rêver), vous les enfants d'expats...
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