12 décembre 2006
(ce sale monde, qu'on aime quand même éperdument! qu'on voudrait fouiller jusqu'aux entrailles avec amour et fureur!)
Cette citation de Stefan Zweig, tirée d'une lettre envoyée à Frans Masereel en mars 1920, tombe à pic. Je pensais justement parler de ses correspondances, à ce cher Stefan, qui occupent mon esprit depuis quelques mois. Voyageur, internationaliste et pacifiste. Beaucoup d'admiration pour ce monsieur, dont les missives regorgent de phrases justes qui pourraient faire le bonheur et la fortune (est-ce la même chose?:-) d'éditeurs de cartes postales (et donner des idées à ceux qui raffolent de citations pour les titres de leurs posts... hein, Gé?;-)
"Tous ceux qui cherchent des raccourcis pour arriver plus vite se sont égarés."
"Nul n'a le souci du lendemain, c'est une grande danse sur un volcan: on s'amuse éperdument, avec la frénésie d'oublier."
"Les villes sont les mensonges vivants d'un pays, les champs, la nature, la grande vérité."
"La faiblesse, qui ressemble si dangereusement à la bonté, et qui est si souvent son contraire."
"On a besoin de certitude comme de pain, d'eau, d'air."
"ce mélange affreux d'encre, de sang et d'argent qu'on nomme politique."
"le sentiment sublime de (se) sentir haï d'un puissant qui se sent impuissant"
et je pourrai continuer comme ça pendant des lignes et des lignes, en retranscrivant les petits carnets que je remplis de ses mots... surtout sur les voyages.
Mais si sa citation sonnait si juste, c'est qu'elle venait après de longues minutes de flâneries rêveuses dans les rayons "voyages" de Kinokuniya, la Fnac singapourienne (japonaise d'origine). Les guides de voyages ne devraient pas être accessibles au grand public, c'est de la frustration en mots et images. Trop de pays à voir, trop de choses à faire, trop de gens à découvrir, et si peu de temps... Le nouveau Bluelist du Lonely est juste irrésistible et le "A year of adventures" donne des idées à n'en plus finir sur où et quand il faut faire quoi...
Ca donne à réfléchir, ça fait tourner la tête...
Ah, voyager, voyager...
"Ce bonheur unique qu'offrent les lieux étrangers: être étranger à l'étranger et savoir pourtant qu'on peut s'unir à lui."
"Aujourd'hui encore - et pour longtemps, très longtemps encore, je l'espère! - cette pulsion qui me porte à voyager en toute liberté et sans aucune entrave, à me sentir partout chez moi aussi bien que dans ma ville natale, est plus forte que mon ambition littéraire."
"Oh, une île, une île quelque part, pour fonder la libre république des "citoyens du monde"!"
Vivement le jour où moi aussi, je pourrai écrire:
"J'ai la chance incomparable d'avoir accumulé en moi d'innombrables paysages proches et lointains, de connaître un grand nombre de villes où je peux sortir de la gare sans demander mon chemin, (...) et frapper partout à laporte d'un ami très cher. Je crois avoir acquis par la vision, et pas seulement par la réflexion, une idée de la variété, de la grandeur et de la puissance du monde, et c'est là que s'enracine indéfectiblement mon sentiment de la vie."








