02 mars 2007
« Nous arrivons dans le couloir suivant ouvrant sur le monde de l’or. »
La voix chaude et masculine est nette dans l’écouteur. Elle s’exprime dans un français parfait. Un peu trop parfait peut-être. « Nos clients ont ainsi la garantie que leur bijou H. Stern fait l’objet d’une évaluation minutieuse. » A l’entrée du musée Stern, des hôtesses se chargent d’accueillir les visiteurs dans leur langue, leur proposant biscuits, eau et caïpirinha. Les touristes sont rapidement conduits à l’étage, où commence la visite guidée après remise du téléphone-traducteur, qui fonctionne en plus de vingt langues (les touristes hongrois ou finlandais sont-ils nombreux au Brésil ? il faut le croire). Au sol, la moquette est rouge, épaisse. Aux murs, le cuir est vermillon, légèrement brillant. Les vitrines sont en bois, les photos datent des années 1970. La musique ambiante également, d’ailleurs, elle semble tout droit sortie d’un ascenseur, d’une émission de téléshopping, ou d’une publicité immobilière des années 1980 (à la « il était une fois la vie »).
Les ouvriers H. Stern travaillent derrière les vitrines, sous l’œil amusé des touristes débarquant par cars entiers. « H. Stern, joaillier assurant la satisfaction de ses clients depuis plus de cinquante ans et offrant un service après-vente impeccable, à travers un réseau de plus de deux cents boutiques dans le monde. »
La technique est bien rodée : la visite se termine bien évidemment par les boutiques, le traditionnel d’abord, puis le moderne, suivi par un vendeur qui parle la langue du client potentiel. Pour ceux qui n’auraient pas les moyens de s’offrir un bijou, H. Stern a pensé à tout : une boutique de « souvenirs brésiliens » se trouve là également.
Bref, c’est une véritable usine à touristes et les bijoux ne sont pas exceptionnels (et surtout hors de prix) mais les méthodes de marketing sont impressionnantes d’efficacité malgré leur évidence ahurissante. Il faut le voir. Les touristes aiment se laisser guider et se faire avoir. Et le « premier joaillier d’Amérique latine » l’a bien compris.
Remarque: une photo de la boutique de Salvador, dans un magnifique bâtiment colonial, bien différent de l'horreur architecturale des 70's qui abrite le QG de la marque à Rio...








