28 juin 2007
« La Brésil n’est pas un pays sérieux »
Je ne sais pas si De Gaulle avait raison de dire ça, certes le Brésil est un pays de fêtes, de loisirs et de musique, mais est-ce qu’on peut pour autant lui dénier le qualificatif de sérieux ? Certes personne n’arrive à l’heure, tout paraît approximatif et la devise du pays pourrait être « mais ou menos » (plus ou moins). Certes la corruption gangrène tous les niveaux de l’Etat et l’impunité règne pour ceux qui ont de l’argent. Pire que ça, le sentiment d’impunité autorise par exemple cinq jeunes issus de la classe aisée de Barra da Tijuca à rouer de coups une employée de maison attendant son bus « parce qu’ils croyaient que c’était une prostituée » (battre les prostituées étant un de leurs passe-temps favoris). Certes, les installations prévues pour les Jeux Panaméricains ne seront prêtes qu’en septembre alors que le PAN (rebaptisé « pandemonium » par les cariocas, vu les bouchons et le gaspillage d’argent public engendrés) débute le 13 juillet. Alors quoi ? De Gaulle avait-il raison ?
Rio est-elle une ville dangereuse ? Si on lit les journaux, oui, assurément : presque tous les jours leur une se fait sur les agressions et meurtres de la veille. Les statistiques également font peur : une centaine de morts par balle par jour à Rio, en 1997 (et depuis ça n’a pu qu’augmenter). Les policiers tentent d’affronter le trafic de drogue : mercredi dernier, 1350 d’entre eux ont envahi le « Complexo do Alemão » (complexe de l’allemand), une favela de la Zona Norte contrôlée par les trafiquants depuis près de deux mois, où ils tuaient les policiers qui d’aventuraient et expulsaient les habitants qui refusaient de collaborer. 19 morts parmi les « ennemis », un arsenal de guerre récupéré, et quelques balles perdues plus tard, l’Etat contrôle à nouveau la zone de non-droit, mais pour combien de temps ? Le chef de l’opération, qui se dit « un guerrier » et dont le rêve le plus cher est « d’aller combattre en Irak », promet d’autres mégaopérations dans au moins cinq favelas cariocas (dont il donne les noms, pour préparer les trafiquants à la guerre peut-être ?). Mais sous le soleil d’Ipanema et de Leblon, on se sent bien loin de toute cette violence. On a peur certes, parce que « si les trafiquants ne peuvent plus gagner de l’argent en dealant, il y aura plus d’agressions parce qu’ils veulent notre argent » ; mais au quotidien, on ne peut pas parler de guerre civile (que les journaux mettent en avant).








