Images et Impressions d'un Cosmopolite

Mes villes, instantanés et réflexions... "Cosmopolite: Qui vit indifféremment dans tous les pays."

15 juillet 2007

Instants porteños : les quatre derniers jours à Buenos Aires

bsassynabsas-    le Templo Libertad : malgré ses airs de cathédrale, murs en pierre et bancs en bois, c’est une synagogue. La principale de Buenos Aires, libérale (n’oublions pas que nous sommes en terre ashkénaze). Ca donne : de la musique pour la prière du vendredi soir, quatre voix accompagnées par un clavier ; peut-être pas très orthodoxe, mais le plus bel office qu’il m’ait été donné d’entendre dans toute ma vie…

-    bsascimetiele cimetière de la Recoleta : est-il morbide d’aimer se promener dans les cimetières ? Quoi qu’il en soit, celui-ci est un lieu de promenade privilégié des Porteños, et des touristes. On y croise des couples d’amoureux, des groupe d’amis curieux, des familles en promenade dominicale, et l’inévitable attroupement de Chinois (petit à petit ils remplacent les Japonais, même si c’est difficile à distinguer pour le néophyte) devant la tombe d’Evita, évidemment… Ce ne sont presque uniquement que des caveaux appartenant à de riches familles locales, rivalisant d’originalité pour honorer leurs morts. Tel ce père qui, après avoir perdu sa fille de 26 ans, a fait : fondre une statue de bronze la représentant en taille réelle avec son chien, graver un poème à côté, et pousser des touffes d’herbes au pied de la statue, au milieu desquelles se reposent deux boules de poil, des chats nourris deux fois par jour à cet endroit pour veiller sur la dernière demeure de la jeune femme…

bsasccrecoleta-    Le centre culturel de la Recoleta : ancien couvent reconverti en espace d’art contemporain, c’est LE lieu où tout artiste argentin rêve d’exposer, 15 000 personnes passent par là chaque week-end pour admirer les nombreuses expositions. Des airs du Reina Sofia de Madrid. Une exposition sur l’errorisme, un détournement surréaliste du terrorisme ("L'errorisme est une philosophie trompeuse, un rituel de la négation, une organisation désorganisée. Le quiproquo comme perfection, l’erreur comme réussite.") : vraiment drôle !

bsasop_ra-    Le Teatro Colón : l’Opéra de Buenos Aires, le plus grand d’Amérique latine, est en travaux jusqu’en mai 2008. Impossible de la visiter, donc, alors que c’est l’un des hauts lieux touristiques de la capitale argentine. Mais c’était sans compter sur Mario, un de nos contacts locaux, qui s’avère être le directeur de cabinet de la ministre de la Culture de Buenos Aires, et pour qui toutes les portes du monde culturel semblent s’ouvrir. Un ami du responsable des travaux, il nous a obtenu une visite privée et guidée par ce responsable lui-même. Instant privilégié et bonheur de découvrir le faste d’un si bel opéra. On visite les coulisses, l’arrière de la scène où toutes les machineries ont été changées, les sous-sols (anciens ateliers) où a été créée une salle dédiée à l’opéra expérimental, l’ancien parking transformé en salle de concerts à l’air libre, et la salle d’opéra elle-même, tout encombrée d’échafaudages impressionnants. Merci Mario !

bsas14juil-    Le 14 juillet : Monsieur l’Ambassadeur de France en Argentine a l’honneur de nous convier en sa demeure pour célébrer la fête nationale. Si l’Ambassade est un magnifique hôtel XIXème en plein centre de Buenos Aires, la résidence de Monsieur l’Ambassadeur se situe en périphérie, dans une banlieue chic. Mais quelle villa ! Pour recevoir quelques milliers de personnes, on a dressé une tente dans le jardin. Les murs des salles de réception sont des bibliothèques, la piscine est fermée au public, et les petits fours font l’unanimité : la légendaire voracité française montre une fois de plus sa réalité, les buffets sont dévalisés en moins de deux ! Mais on peut assurément affirmer que les réceptions de M. l’Ambassadeur sont un succès !

bsascartonero-    Les cartoneros : à la nuit tombée, les rues de Buenos Aires s’emplissent d’ombres venues de la périphérie. Les « nupos », nuevos pobres, ceux qui ont souffert de la crise économique de 2001, font les poubelles. Ils recherchent tout ce qui est recyclable, et donc revendable, et avant tout le carton. D’où leur surnom, les « cartoneros ». Pour ce faire, ils éventrent les poubelles de la capitale, emplissant des caddies de leurs trouvailles et laissant aux éboueurs le soin de ramasser les ordures jonchées sur le trottoir. C’est aussi ça, la réalité argentine…

Posté par marc o à 13:57 - Buenos Aires - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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