01 avril 2008
De la globalité de la joie au bureau
Je crois que j'ai un problème avec le corporate. Tout ce qui est vie de l'entreprise. De la grande entreprise, j'entends. Depuis maintenant deux mois, j'ai commencé un nouveau travail. Mon premier, pour être précis. Sortant d'une "grande école", j'ai décidé, après une année de voyages (effectués sous le prétexte d'échanges universitaires), de rentrer dans le moule, un peu. D’entrer dans une grande banque. Sous la pression invisible du retour en milieu parisien. Avec un compromis toutefois : dans une banque certes, mais à Sydney. Avec l’espoir secret que la proximité de la plage et des grands espaces rendraient la vie de bureau plus facile à avaler.
Mon expérience professionnelle se résumait auparavant à un stage en audit. Dans une grande entreprise, donc. Et j’avais peu aimé. Voire détesté. Les salles sans fenêtres éclairées au néon, les montagnes de classeurs, la paperasse à n’en plus finir et les tableaux Excel démesurés, ça m’a amusé un temps. Mais c’est passé vite, ça avait une fin. Changer de mission souvent permettait un renouvellement des collègues et des lieux. Et j’avais réussi à imposer quelques conditions : jamais sorti après 19h30, toujours en mission à Paris. J’ai fait d’intéressantes vidéos de ces salles de travail, à la pause déj bien souvent, ou alors même discrètement pendant que les autres travaillaient.
J’avais donc des a priori plutôt négatifs sur la vie du bureau. Estompés par le temps : j’ai fini ce stage il y a exactement deux ans, lorsque j’ai commencé ce blog d’ailleurs (mon voyage à San Francisco ponctuait cette expérience professionnelle liberticide). Jusqu’à février, vie d’étudiant et voyages : la belle vie, en somme. Et là, retour à la réalité. Un open space, deux écrans, une place à côté de la fenêtre heureusement. (J’ai tendance à penser que si j’avais été placé au back office derrière une poutre sans lumière du jour j’aurais tenu à peu près deux semaines – heureusement, ou malheureusement, mes conditions de travail ne sont pas trop mauvaises). Des collègues, australiens, plus âgés mais intéressants, à fond dedans. Et c’est ça qu’il me manque, l’envie de me donner complètement pour la banque. Le sujet ne me passionne pas, j’ai beau essayer, je n’ai pas de palpitations en lisant un rapport annuel. Et pourtant. Quand je vois mes collègues, quand je vois ceux du back office, quand je repense à l’audit (et notamment à une femme qui avaient tapissé son petit bureau sans fenêtre de photos de caniche découpées dans des magazines spécialisés), je me dis que je les envie : ils ont l’air d’aimer ce qu’il font, de là à dire qu’ils s’épanouissent professionnellement peut-être pas, mais ils ne se plaignent pas et s’intéressent à leur travail. Ils s’impliquent dans la vie de l’entreprise, organisent des évènements entre eux, voient leurs collègues en dehors des heures de bureau.
Et oh stupeur, en me promenant sous les néons, j’ai pris ce cliché d’un panneau dont on m’a raconté l’histoire : tous les ans, pour Noël, les différents services de la banque organisent une compétition. Gagne celui qui créera la plus belle décoration de Noël. Et ça donne ça…
A Global Bank, A Global Joy.
Je m’abstiendrai de commenter.
Commentaires
Pablo, Pablo...
Je te comprends si bien mon ami...moi la nanny du fond du QLD qui, dans une autre vie, partageait un "vrai" travail et ton même ennui...!
Une solution Pablo : trouver l'Idée...je t'attends...
Des bécots...
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