Images et Impressions d'un Cosmopolite

Mes villes, instantanés et réflexions... "Cosmopolite: Qui vit indifféremment dans tous les pays."

27 mars 2008

La joie de l’ennui

Ne rien faire ? Non, désolé, je n’ai pas le temps… C’est vrai ça, aujourd’hui, plus personne ne prend le temps de s’ennuyer. On a peur de l’ennui, peur de perdre son temps. Que ce soit dans le métro, dans la rue, dans une file d’attente, on prend un livre, on met son iPod, on joue avec son téléphone, mais ne rien faire, non merci. Trop improductif. Si on s’ennuie, on le fera partager à quelqu’un, même si c’est pour lui envoyer un email et lui dire « je m’ennuie ». La boulimie de technologie et de communications nous amène à occuper le moindre petit moment : Motorola a décidé de s’attaquer ces moments qu’il a qualifié de « microboredom » (micro-ennui), les « mobisodes » de séries TV à regarder sur son téléphone sont également voués à remplir ces minivides qui parsèment nos journées.

frangipaniLa peur d’être déconnecté, de se retrouver seul, a été comblée en même temps que créée par les téléphones portables. Le matin, en prenant ses clés et son portefeuille, on veille à ne pas oublier ce précieux objet qui permet, à tout instant, d’être relié à son réseau social. En somme, un portable, c’est transporter tout son petit monde avec soi, joignable à tout instant. Mais comment faisait-on avant ? Et pourtant… L’ennui est à la base de la créativité. L’inactivité est bénéfique à la réflexion. Un enfant peut jouer des heures avec le même bout de bois sans pour autant s’ennuyer, il se crée des mondes imaginaires, invente des histoires. Tel le petit Jean-Christophe de Romain Rolland, qui « au milieu de tous ces jeux, a des instants de rêvasserie étrange et de complet oubli », prémisses d’un talent de musicien à l’écoute du monde qui l’entoure.

Cette réflexion sur l’ennui est tirée d’un article du Boston Globe intitulé « The joy of boredom » (c’est dire la grande originalité de mon titre !), qui se trouve ici. Et la journaliste fait une remarque très pertinente : si Marcel Proust, au moment de manger sa madeleine, avait eu un iPhone, il aurait peut-être joué à Tetris au lieu de se remémorer son enfance, et n’aurait jamais écrit son chef d’œuvre… !

Autre article intéressant : l’histoire d’un Brésilien, qui, surmené, et trouvant que les moments d’ennui sont trop rares en ce bas monde, a décidé de créer son club de « nadismo » (de « nada », « rien » en portugais), un club où le but est de se retrouver pour ne rien faire. Pas même le droit de dormir, car dormir un besoin qui ne peut pas être assimilable à l’ennui. Et pas le droit de trop réfléchir non plus, il faut simplement apprécier le néant, le plaisir de l’activité nulle… et apparemment on gagne de la qualité de vie !

Voilà, tout ça pour dire à ceux qui me connaissent un tant soit peu que j’ai encore bien du travail pour en arriver là ! Comme on dit au Maroc, « ceux qui sont pressés sont les premiers dans la tombe »… Alors apprenez à apprécier… tout doucement…

Posté par marc o à 13:46 - Thoughts - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mars 2008

Le paradoxe de Sydney

sydVoici un article tiré du Sydney Morning Herald, la référence locale, qui explique pourquoi un Sydneysider sur 5 veut quitter la ville, alors même qu'elle atteint la première place de "ville la plus agréable du monde" dans de nombreux classements... Fort intéressant!

Is there a Sydney paradox? How can the world's greatest city be so unappreciated by its citizens that they are leaving it for pastures north, south and increasingly west? Have you never heard of the Sydney paradox? Let me explain.
It comes down to two new pieces of news that Sydneysiders got at the weekend. There was good news and bad news. First, as Sydneysiders are usually sunny and optimistic, here's the good news. Sydney was voted the number one city in the world, according to Simon Anholt's world-renowned City Brands Index. The index ranks the world's top 40 cities in terms of economic influence, quality of life, natural beauty and friendliness, and Sydney came out on top again. And in a great all-round result for Australia, Melbourne came sixth.
But Sydneysiders are also always looking for something to worry about so here's the bad news. According to a report on the front page of the Herald yesterday, Sydneysiders are leaving town in droves, because of housing costs, transport and overall liveability.
How can this be? We're the world's number one city, but everyone is shooting through? It depends on whether you think globally or locally. By global city standards, Sydney is not crowded, rushed, polluted or even expensive. You can get a high-flying job with beaches on your doorstep. But by Australian city standards, Sydney is the big smoke.
People who are in the globalised part of the workforce tend to see Sydney in all its glory. Occupations in "Global Sydney" include jobs in the financial markets, media, advertising, movies, sport and recreation. So if you are a globe trotter, returning expatriate, visiting business professional, or even a high-flying rust-belt refugee from Victoria or South Australia, who can therefore afford to live by the beach or the harbour, then Sydney does have the best of both worlds.
You are living in one of the most influential global cities but with an attractive climate, lifestyle and fun people. As many visitors comment, it's like a big cosmopolitan city and a resort rolled into one.
The view of Sydney from overseas is similar to the view of Sydney's globalised workforce, so it is no surprise that immigrants seek out Sydney as their number one choice for settlement - even if Sydney is not attracting migrants domestically, from other states.
There is no doubt Sydney is Australia's global city and it is not surprising the world sees it this way. After all, 10 of the top 20 listed companies on the Australian Stock Exchange are Sydney-based. In terms of trade, NSW has 15,600 exporting businesses - the most in the country - despite the resources boom in the west and the north. Sydney's cosmopolitan nature also helps. Think of Sydney's great overseas-born entrepreneurs, from Frank Lowy to Bing Lee.
Through local eyes, it's a different story. If you're in the non-exporting, non-global part of Sydney, life can be a bit different. It can be tough earning domestic Sydney wages but paying global Sydney mortgages.
But interstate migration is not just about the push away from Sydney due to high housing costs, it is also about the pull towards the economic opportunity of the resource-rich states, Western Australia and Queensland.
I was in Perth last week and was shown some population data. There is clearly a "Gilly" effect at work. Adam Gilchrist may be remembered for his lusty big hitting and effective wicketkeeping but when he moved from Lismore to Perth he started a national trend. New population data show the cricket star was followed west by a large number of eastern staters, particularly from NSW. Western Australia and Queensland have attracted large numbers of interstate migrants, while NSW, South Australia, Tasmania and, to a small extent, Victoria have experienced net losses. The West Australian mining boom has even attracted new sources of international migrants from Brazil - literally from Rio to Freo - but that's another story.
So there you have it: the Sydney paradox is explained. But perhaps it's not a paradox after all but a simple matter of supply and demand. The whole world thinks Sydney is hot, the price goes up, and many punters choose to shift because they can't afford the price or see better value elsewhere. This is why the Treasury Secretary, Ken Henry, told a Sydney business audience last year that he'll see them in Perth in five years, as "resources get re-allocated" to the resource-rich states thanks to demand from China, India and the emerging economies.

Posté par marc o à 13:18 - Sydney - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 mars 2008

A la télé, comme d'hab

Le mercredi soir, c’est au Beach Road Hotel que ça se passe. Trois bars sur deux étages, de la musique et tout Bondi : voilà donc un programme réjouissant. Le décor et l’ambiance sont cordiaux, les rencontres sont faciles et très internationales. Et puis…
A chaque fois que j’ai commencé une expérience à l’étranger, je suis passé à la télé. Que ce soit à Singapour et sa nouvelle star, ou bien à Rio sur MTV, à mon arrivée dans un nouveau pays j’ai toujours été filmé. Pour ne pas déroger à la règle, ce soir, à la sortie dudit Beach Road Hotel, j’étais occupé à discuter avec mon amie M. quand une superbe créature vêtue simplement d’une robe très courte (ou d’un tee-shirt un peu long, au choix - elle s'appelle Honey), et accompagnée d’un nain très classe (costume à rayures et chapeau – il expliquera par la suite qu’il est italien, tout en s'appelant Dave) nous aborde. Pour savoir si nous voulons bien nous prêter à une petite interview, pas longue, dans une limousine à côté. Pourquoi pas ? On est donc parti, un caméraman nous filme, un perchman prend le son, et voilà M. en train de répondre aux questions de la belle et du nain, une coupe de champagne à la main. M. se méprend sur le sens de certaines questions (M. est française aussi !), répond qu’elle a déjà connu une dizaine d’hommes depuis qu’elle est arrivée à Sydney, trois semaines auparavant. Le nain décide de mettre un DVD dans la limousine qui parcourt les rues de Bondi : sur les écrans, une blonde remet son piercing sur sa langue avant de s’attaquer à tout autre chose. Puis vient mon tour. La fille à la minirobe, Honey, se fait bien collante et aurait envie de venir chez moi à Paris. Me propose un threesome, avec le nain. Filmé, bien entendu. Donc non. Et si on ne filme pas? Non plus, non. Evidemment, tout était pour de rire m’assure la fille au grand tee-shirt… mouais, pas convaincu…  On ressort de la limousine bien vite. En tout cas, M. et moi avons bien ri. Et serons à la télé, sur internet (dès que j’ai le site, je mets le lien de l’interview).

Posté par marc o à 16:13 - Sydney - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mars 2008

'Sarkozynho' vence em eleição municipal

Ce titre est celui d'un article du Globo, l'equivalent du Monde au Bresil. Et on peut trouver cet article en premiere page du site du Globo online, ce que je trouve quand meme tres fort! et drole... Sarkozynho pourrait meme s'appliquer a notre president, en reference a sa taille, remarquez... Que l'issue des elections municipales neuilleennes ("ville peuplee de millionnaires" selon l'auteur de l'article) fasse la une d'un journal bresilien, voila qui est cocasse!

Posté par marc o à 06:30 - Everyday life - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mars 2008

You bring the deal, you get the meal!

Voici une petite citation de mon patron, Relationship Manager de son etat, que j'ai bien aimee...

Posté par marc o à 08:22 - Sydney - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mars 2008

Fat Tuesday

mardigrasSydney a aussi son carnaval. Il a lieu début mars, s’appelle Mardi Gras (en français dans le texte), et se déroule un… samedi ! C’est le deuxième événement gay au niveau mondial après San Francisco, et ce samedi 300 000 personnes étaient sur Oxford Street, arborant costumes osés et déjantés, ici pour observer la parade, pour voir et se faire voir, et surtout faire la fête. La fête d’ailleurs commence bien avant la parade, dès l’après-midi. Les drapeaux australiens roses parsèment les deux trottoirs. Les vendeurs de tabourets s’activent. Les déguisements emplissent les rues petit à petit. Beaucoup de gens en sous-vêtements, tout simplement. Du latex, un peu, quelques masques de carnaval. Les flashs crépitent, la fin d’après-midi est très belle. Des jeunes font leur coming out, ce soir c’est l’occasion. On entend parler toutes les langues, la ville est pleine de touristes venus spécialement pour l’occasion.

Posté par marc o à 23:21 - Sydney - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 février 2008

La chasse à l’appart

terraceHouse hunting. Voilà à quoi j’ai passé ma semaine. Et encore plus mon week-end. Une dizaine d’appartements vus en deux jours. Beaucoup d’horreurs, quelques colocs sympas, mais évidemment il faut l’approbation des occupants pour pouvoir s’installer dans une coloc. Suite à une mauvaise expérience carioca, j’aurais voulu habiter seul, mais le manque d’offres et la cherté m’ont obligé à revoir mes plans. Il faut se décider: la plage, Bondi, où sont tous les touristes, où les rencontres sont faciles mais les logements souvent vieillots; ou alors le centre, plus animé, plus culturel, ses cafés et ses terrace houses victoriennes. Certains agents immobiliers sont vraiment véreux, écrivent « fantastique studio » pour désigner une chambre de bonne infâme, mais que voulez-vous, la rareté du produit fait que les daubes deviennent des merveilles. Les journaux font leurs titres sur la pénurie de logements, et les taux d’intérêt élevés (7%) dissuadent les acheteurs. Le samedi, c’est « Inspection day ». Dans la semaine, il faut avoir repéré les apparts qui nous intéressent. Sur internet, dans les agences, ou dans l’édition du samedi du Sydney Morning Herald. Puis il faut s’y rendre à l’heure indiquée, parce que l’agent s’y trouve, pendant dix à quinze minutes maximum. Il aura mis à l’entrée de l’immeuble une petite pancarte « Inspection ». Et là où l’on se rend compte qu’il y a de la concurrence, c’est quand, pour chaque appart visité, il y a 15 à 20 personnes intéressées, venues voir leur future habitation malgré le laps de temps très faible accordé. C’est enfin en lisant la une du Wenworth Courrier, un journal des banlieues Est de Sydney, qu’on jauge la situation : il est très courant de voir des gens faire monter les enchères sur le loyer pour s’assurer un logement. Et même, certains sont prêts à payer un an de loyer à l’avance pour être sûr d’avoir l’appart de leurs rêves… alors même que les loyers se paient à la semaine ici !

Dans ces conditions, je fais comment moi ? ☺ La réponse est pourtant évidente… network !

Posté par marc o à 13:01 - Sydney - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 février 2008

Des crabes qui courent sur une table

crabesTiens ça me fait penser à un post que j’avais écrit en décembre 2006… On y parlait de bernard l’hermitte qui couraient sur une plage, de jolies images d’un karaoké mandarin. Ce n’étaient pas des bernard l’hermitte, mais bien des crabes, de ceux qu’on trouve en Australie. Confirmation tous les mercredis soirs dans un pub de Glebe, un quartier de Sydney artistique de l’Ouest, dans un pub qui organise des courses de ces gentils invertébrés. Des courses sur une grande table ronde, chaque crabe a un numéro épinglé sur son dos et les cinq premiers arrivés au bord gagnent ! Pas d’argent parié, ce serait illégal, juste des tee-shirts à gagner et une ambiance déglinguée et anti-Bondi (rares sont les touristes qui connaissent l’endroit, merci à mon ami local de m’avoir introduit ☺)

Posté par marc o à 12:47 - Sydney - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 février 2008

Sorry Day

sgpp1crop1opAujourd’hui fut un jour historique pour l’Australie. Parce que lors de la première session du Parlement de l’année, le nouveau Premier Ministre Kevin Rudd s’est excusé. Excusé au nom de toute la nation pour les dommages causés aux Aborigènes, longtemps discriminés dans leur pays.  Qui est leur pays avant tout. Beaucoup sont morts lors des Aboriginal Wars, les guerres liées à la colonisation de l’île-continent. Et maintenant la plupart d’entre eux vivent au Nord du pays. A Sydney, on en voit très peu, ils habitent principalement Redfern, un quartier qui a une mauvaise réputation.

sorry_kids_140208_wideweb__470x292_0Mais aujourd’hui, le premier pas vers la réconciliation a été fait. Symbolique, le « sorry » n’en est pas moins émouvant et perçu comme un soulagement. Si le gouvernement devait s’excuser, c’est surtout auprès des « générations volées », Stolen Generations : entre 1910 et 1970, près de 100 000 enfants aborigènes de moins de cinq ont été soutirés à leur famille pour les « civiliser », en les élevant dans des institutions liées à l’Eglise ou en les plaçant dans des familles d’accueil. Ainsi, près de 30% des enfants aborigènes ont été privés de famille, le tout organisé par le gouvernement. Qui jusqu’ici s’était toujours refusé à s’excuser… Même si depuis 1997, le 26 mai est officiellement appelé « Sorry Day ». Sauf que cette année, c’était aujourd’hui…
Maintenant reste à déterminer si ces excuses donneront lieu à indemnisation…

Posté par marc o à 13:11 - Sydney - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 février 2008

Mon patron est un…*

Vu sur un projet immobilier, devant Hyde Park...

groconJe ne sais pas si cette entreprise de construction immobilière a des employés français, mais le nom n’est pas très porteur ; pourtant c’est une très grosse entreprise du secteur, mais s’ils veulent ouvrir une filiale en France, il faudra peut-être changer de nom. Remarquez, on pourra toujours dire : « moi mon appart, c’est un Grocon ! ».


*mais mon vrai chef ici n’en est pas du tout un, bien au contraire. Et je ne dis pas ça parce qu’il pourrait me lire, de toute façon il ne parle pas français… ☺

Posté par marc o à 13:11 - Sydney - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »