07 janvier 2007
Un week-end théâtral
Dans les coulisses, l’excitation monte lentement. La maquilleuse discute avec les actrices qui s’habillent. Tous amateurs, les acteurs s’agitent : la fébrilité est palpable. L’aboutissement de plus d’un an de travail. Ils ont déjà joué, avec succès, Cyrano de Bergerac il y a deux ans. Cette fois-ci, leur public (acquis ?) d’amis les attend au tournant. Deux représentations « exceptionnelles » (comme dirait Corvino). Une première, et une dernière, de toute façon ce sont toujours les meilleures fois, n’est-ce pas ?
La pièce, Volpone, a été écrite à quatre mains, entre amis, par Stefan Zweig et Jules Romains, d’après une pièce de Ben Jonson. Il est donc tout naturel qu’elle soit jouée entre amis, tout férus de théâtre et de week-ends du 14 juillet passés au festival d’Avignon. Une histoire d’argent : jusqu’où est-on prêt à aller pour s’enrichir ? Très loin, trop loin… Celui-ci déshérite son fils, celui-là amène sa femme dans le lit d’un autre. L’argent fausse les relations, ce n’est pas nouveau. Les acteurs sont remarquables : Mosca insolent, Volpone impudent, Voltore concupiscent, Léone nigaud, Corvino comique, Corbaccio hilarant (« les affaires sont difficiles »), Colomba innocente, Canina aguicheuse. La participation active des servantes et des sbires est à ne pas oublier. Tous sont là pour le magot, et après tout « s’il y a promesse de jouissance sans risque de dépense »…Mosca, on pense, on ne dit pas !
06 janvier 2007
Daf et cimetière, un duo détonnant
Dafina sur les toits de Paris. Birkat joyeux et chantant, ça réveille des souvenirs d’EI. Ma deuxième daf en trois semaines, ça faisait six mois (même si celle de Shalom à Singap valait le détour, la cuisine de sa mère ne peut avoir d’égal, n’est-il pas ?). Passage éclair de quatre jours, depuis New York ça se fait plus facilement que depuis Singapour ou Rio, trop plaisir de revoir J. mon ami new yorkais en famille… Et la dafina est un prétexte alléchant et convivial.
Promenade au Père Lachaise : le temps est idéal, maussade à souhait. Il pluviote, le ciel est uniformément gris-blanc, les arbres sans feuilles semblent sortis de la forêt de Blanche-Neige. L’ambiance est parfaite. Il est étrange d’aimer se promener dans un cimetière. Pourtant, j’aime à arpenter les allées des cimetières Saint-Vincent et Montmartre, et aujourd’hui je découvre le plus connu des cimetières parisiens, le Père Lachaise. J’apprends qu’on peut réserver sa place, en observant des pierres tombales où seule la date de naissance est inscrite. Bizarre.
Nombre de tombes appartiennent à des gens connus : d’Haussmann à Proust en passant par Jim Morrisson, Balzac, Max Ernst, Molière ou La Fontaine. Sur la tombe de Proust, des fleurs et des tickets de métro (il faudra qu’on m’explique). Eli est là, elle non plus ne comprend pas.
31 décembre 2006
L'Italie dans toute sa splendeur: antipastis et engueulades de qualité
Il faut être d'humeur joyeuse pour aller dîner chez Vincent. Parce
que lui fait semblant de ne pas l'être. C'est d'ailleurs une de ses
spécialités: engueuler les clients. Et pourtant, ceux-là font la queue,
même après avoir réservé (ce qui est obligatoire de toute façon). A
croire que chacun de nous a un petit côté masochiste, est prêt à
endurer une bordée d'injures pour avoir le plaisir de goûter à une
cuisine qui a excellente réputation.
Parce que oui, c'est bon.
Défilé d'antipasti, et cocktail de pâtes aux couleurs italiennes.
Tiramisu fondant, et amaretto pour faire passer les six plats. En plus
de la qualité, il y a la quantité. On m'avait prévenu: quand on va chez
Vincent, on se prépare, on ne déjeune pas à midi (je ne savais pas,
hier était ma première et unique daf de l'année, j'avais donc tout sauf
pas déjeuné). Ce n'est pas encore un resto italien de pâtes/pizza: ici,
on vient pour les spécialités italiennes, les vraies; et pour
l'ambiance, aussi, surtout.
Il y a du monde, ça bouge, c'est
bruyant, on est serrés, des gens attendent dans l'entrée, devant
Vincent qui assaisonne ses entrées en chantonnant sur des airs
d'opérette. Un peu un savant fou aux fourneaux, qui n'hésite pas à
crier pour demander aux clients qui restent un peu trop longtemps à
table de bien vouloir dégager pour ceux qui attendent. Pas un resto à
faire en amoureux, plutôt entre amis; mais à faire, assurément.
Chez Vincent, 5 rue du tunnel, Paris 19.
22 décembre 2006
Nostalgie de la photographie
Retrouvailles parisiennes. Les quais de la Seine. La sérénité du ciel bleu, de la lumière dorée et du froid saisissant. Tout est comme avant? Presque, mais pas tout à fait, heureusement. Six mois passent et Paris change, un peu. Dur, dur de bloguer quand les vieilles habitudes reprennent le dessus. Une nouvelle vie a commencé cependant, et ce blog en fait partie, il faut qu'il continue; il continue d'ailleurs, et si la transition est cahotique, l'Amérique du Sud dans trois semaines lui donnera de l'élan, assurément. Pourtant, Paris, Paris, il s'y passe tant de choses. Mais la découverte est moins flagrante, le dépaysement moins évident. Essayons quand même. Première soirée blog hier soir, la Blog Drink fort sympathique, avec des rencontres passant du virtuel au réel: étrange impression de connaître ceux avec qui l'ont communique depuis des mois mais que l'on découvre pour la première fois, ça fait du bien d'aller un peu plus loin (et ça va quand même légèrement plus vite autour d'un verre que par comments interposés). Première mais sûrement pas dernière, les rencontres sont faciles et intéressantes, pourquoi se priver?
Une expo photo aux Beaux-Arts. Les clichés de Jean-Baptiste Huynh font également dans le saisissant: ses portraits ont une profondeur palpable, ses natures mortes sont remarquables... Que du noir et blanc, en Ethiopie, au Mali, au Vietnam. Les tirages géants et carrés offrent une majesté toute particulière. A voir avant le 14 janvier, aux Beaux-Arts, sur les quais près de Saint-Germain des Prés.
Et une bonne raison de laisser mon blog à l'abandon quelques jours: mis à part le fait que les fêtes vont probablement ralentir le rythme de tout le monde "blog", quelques jours à la montagne, en famille et loin de toute connection, histoire d'avoir un "vrai" hiver pendant les quelques jours que j'ai en France cette année...
Alors joyeux Noël à tous, et bonnes vacances!!!
21 décembre 2006
Splendeurs (sous)-marines
Charlotte Marin a de la voix. C'est le moins qu'on puisse dire. Mais pas seulement. Une voix, et surtout des textes: drôles, joueurs, enflammés, entraînants, parfois grinçants. Mais toujours vrais. Et c'est ça qui lui réussit, de dire des choses vraies, dans lesquelles chacun peut se reconnaître (ce qui ne va pas sans provoquer par moments cet étrange ressenti de déjà-vu légèrement troublant).
Charlotte Marin, c'est un instant volé de vérité dans un monde qui joue trop sur les apparences. Mais c'est aussi une actrice, et le concert est un vrai spectacle: de scène, de voix, de mots. Et les instruments qui l'accompagnent (batterie, guitare, violon et contrebasse) donnent le ton juste comme il faut, et envie de danser. Enjouée, la demoiselle...
Ce soir était la dernière. Sauf que devant tant de succès depuis trois mois, Charlotte Marin remet le couvert et repart pour un tour dès le 24 janvier. A l'Espace Comedia, dans le 11ème. Un concert à aller voir, absolument. Merci M. de me l'avoir faite découvrir, merci J. de l'avoir découverte avec moi...;-)
Et pour rester dans le thème (marin), soirée de l'ENSAD (aka les Arts Déco) sur la péniche Concorde Atlantique: vareuses, chapeaux, tatouages et perroquets, les étudiants en art savent se déguiser. Ceux qui arrivent déjà bourrés, ceux qui croient qu'être déguisés les dispense de danser, ceux qui sont là parce que toute l'école est là. Les soirées étudiantes parisiennes n'ont décidément rien à voir avec les nuits singapouriennes. Mais Paris, la nuit, c'est tout simplement...so arty!
20 décembre 2006
Des câlins gratuits, personne n'en veut?
Intrigué par le concept de Free Hugs, décidé par un post de Gé, il fallait que j'aille voir.
Le ciel est bleu, le froid pénètre, le soleil brille et Paris vit. L'esplanade du centre Georges Pompidou est parsemée: certains marchent, d'autres sont assis et lisent. Des touristes se font avoir par des caricaturistes amateurs qui veulent leur tirer le portrait. Un didgeridoo ronronne. Des spectacles s'improvisent, mais il n'y a pas foule. Les pigeons font des tours. Le ciel est pur.
Et au milieu de cette demi-agitation toute parisienne, quelques pancartes "Câlins gratuits", certaines en anglais (et même des bilingues). Des grappes de jeunes (surtout) qui rigolent et proposent aux passants des câlins. "Un câlin, M'dame?". Les gens sont plutôt réticents, certains posent des questions, veulent en savoir plus sur le concept. Distribution de tracts. Le projet est né en France dans le cadre d'une école multimédia. D'où la présence quasi exclusive d'étudiants de cette école au happening.
Les hugs ne font pas partie de la culture française. Et le terme de "câlins" est probablement mal choisi, légèrement tendancieux. Certains se laissent néanmoins prendre au jeu, et le froid joue certainement en la faveur de l'évènement: il est plus facile de donner une accolade à un inconnu quand on est séparé par plusieurs épaisseurs.
Un succès relatif (la majorité des câlins se faisant entre donneurs de pancartes, en tout cas pendant la première heure), mais une bien belle initiative...
18 décembre 2006
Welcome back !
Je m’étais promis de ne pas me plaindre. De ne pas râler. De ne pas faire mon Français, quoi. Mais quand j’arrive à Roissy et qu’il me faut deux heures entre le moment où l’avion atterrit et celui où je retrouve ma mère et mon frère, qui plus est sans mes bagages, probablement restés en transit à Dubaï, que puis-je faire d’autre ? Comparer l’efficacité asiatique et la nonchalance teintée de mauvaise foi à la française est bien facile, mais pourquoi est-ce si évident ? Pourquoi n’y a-t-il que deux fonctionnaires de police à l’immigration pour faire passer 400 personnes ? Pourquoi les bagages arrivent-ils par à-coups pendant 45 minutes ? Pourquoi le douanier m’arrête-t-il alors que je n’ai pas eu mes valises ? Pourquoi, pourquoi ?
Le ciel est gris, et il fait froid. C’est Paris, et c’est bon. Je retrouve les miens et je suis heureux. Ce soir, tout le monde est là, ça faisait longtemps et ça fait du bien, de replonger dans le bocal dans lequel on a toujours évolué. Quatrième jour de Hannoucah. Et j’aurai mes bagages demain…
02 août 2006
Ligne 3 (bis) et Nouvelle Vague
Je viens de me souvenir du pourquoi du comment j'en suis arrivé à parler du métro. J'ai fait l'acquisition du nouveau CD de Nouvelle Vague, ici, à Singapour. Or la photo de la ligne 3 que j'ai postée a été prise le soir du concert de Nouvelle Vague, à Paris, le 14 juin dernier... Fantastique concert (pas vrai, Elo?). Même si Camille (oui, la chanteuse, elle faisait partie du groupe sur le premier album) n'était pas là (en concert à New York, la folle!), les chanteuses s'en sont plus que bien sorti et l'ambiance était survoltée et douce à la fois, à l'image de leur musique. Tout ça pour dire que ce nouvel album est le digne successeur de l'excellent premier: mêmes envolées, mêmes rythmes sucrés, mêmes voix cassées... Pour ceux qui ne connaissent pas ce groupe, Nouvelle Vague fait référence au mouvement cinématographique éponyme, ainsi qu'au mouvement New Wave ("nouvelle vague" en anglais, donc) dont il reprend les arrangements eighties et à la Bossa Nova ("nouvelle vague", en brésilien) dont il s'inspire des rythmiques... Nouvelle Vague était en concert à Bangkok le 1er juillet, mais évidemment ils ne sont pas passés par Singap... d'ailleurs, quels groupes passent par Singap, dites-le moi??? Le groupe sera à Londres le 13 août et en Amérique du Nord en septembre... (http://www.nouvellesvagues.com/francais/live.html)
30 mars 2006
Greeny Miss Betsy
En plein coeur du 17ème "mort", à deux pas de la place Pereire, voici Miss Betsy, un petit resto aux couleurs acidulées... Vert citroné sur les murs, et multiplication de teintes dans les assiettes;-) Trendys, familles et amies s'y retrouvent pour essayer la crème brûlée aux champignons, la dorade au cactus ou la glace au basilic dans une ambiance intimiste. Service impeccable et prix raisonnables...









