27 avril 2007
C’est l’angoisse du temps qui passe qui nous fait parler du temps qu’il fait.*
Et c’est vrai qu’il passe, le temps: presque quatre mois déjà... Pour preuve la pluie, débarquée ce matin. Tandis qu’à Paris les parcs sont pris d’assaut pour cause de grosse chaleur, à Rio la plage est désertée et les rues inondées. Les havaianas n’aiment pas l’eau, Rio n’est pas une ville faite pour la pluie. Peu de choses à faire, l’automne arrive, et le pont du premier mai semble devoir se passer à Rio, toute la région étant sous des trombes d’eau, à quoi bon tenter de sortir de la cité merveilleuse ? C’est bien dommage, car ça fait longtemps que je n’ai pas voyagé… ;-)
*ai-je besoin de préciser? Amélie!!!
Coexist!
Coexist!
Vidéo envoyée par ptimarco
Aux quatre coins de Rio, les affiches placardées sur les panneaux publicitaires annoncent clairement la couleur : le Hillel organise un concert en l’honneur de la coexistence, avec l’Israélienne Einat Sarouf et le Brésilien Tony Garrido. Je n’en connais aucun des deux, mais le projet est intéressant et la manière d’écrire « Coexist » amusante.
Sur
les côtés de la piste, les jeunes venus entre amis et restés debout
mettent l’ambiance tandis qu’au milieu, assis, un aréopage de
cinquantenaires venus faire de la présence plus qu’autre chose regarde
d’un œil distrait le spectacle. Evidemment, avec une chanteuse
israélienne en tête d’affiche, le public est en majorité juif. Mais
c’est là que ça devient intéressant : les Juifs cariocas sont
principalement ashkénazes, arrivés d’Europe de l’Est à la fin du XIXème
siècle ou pour fuir la guerre. Donc quand Einat Sarouf entonne un
medley de chansons orientalisantes (du type Alabina) connues et
obligatoires dans toutes les fêtes juives françaises, les spectateurs
écoutent mais restent à peu près passifs, ne reconnaissant pas ces airs
qui font danser tout le monde chez nous. De même, les chansons
israéliennes reprises par le public ne sont pas les mêmes : Lior Narkis
et Sarit Haddad adulés en France font pâle figure à Rio, alors que des
mélodies dont je ne soupçonnais même pas l’existence entraînent les
jeunes dans une euphorie qui fait plaisir à voir. En hébreu puis en
portugais, une Israélienne traditionnelle puis un Brésilien de Cidade
Negra, dans la salle tout le monde a son tee-shirt Coexist, et l’appel
à la coexistence et à la tolérance, un tantinet moralisateur sur le
principe, résulte d’un projet regroupant une flopée d’artistes
internationaux. (En France, aux Etats-Unis).
Mais alors si tant de tolérance il y a, pourquoi la sécurité a-t-elle passé la main dans mes cheveux pour vérifier que je n’y avais pas caché d’armes ?:-)
24 avril 2007
Election présidentielle : résultats cariocas
Puisqu'en ce moment en France tout le monde ne semble parler que des élections, ce qui est plutôt normal et à vrai dire vraiment très bien, donnons quelques résultats cariocas, obtenus grâce à des rencontres ayant assisté au dépouillement. Sur les 3900 inscrits que compte le consulat, seuls 33% ont fait le déplacement: il faut dire que le vote avait lieu au milieu d'un week end de trois jours, ce score est donc largement compréhensible. Sur ces 1300 bulletins de vote, on en dénombre:
- 26 pour Jean-Marie Le Pen
- 1 pour Philippe De Villiers
- 1 pour José Bové
- 1 pour Olivier Besancenot
- aucun pour Frédéric Nihous
sachant que les grandes tendances métropolitaines ont été observées, Sarkozy étant en tête.
Mais quand même, c'est drôle (et logique!): personne ne vote pour les chasseurs, et très peu pour l'extrême droite, dans ce pays si mélangé qu'est le Brésil...
23 avril 2007
Le dragon de Copacabana
Sao Jorge (Saint Georges) est un saint vénéré au Brésil ; saint patron de l’Angleterre, de la Catalogne et du Portugal, il est mort le 23 avril 303 et est souvent représenté combattant un dragon. A Rio, on ne comptait plus les messes en son honneur, les processions et les gens portant des habits à ses couleurs. Aujourd’hui était donc férié, comme samedi, jour de la Sao Sebastiao (et lui je sais plus trop c’est le saint de quoi mais au moins ça fait un jour férié de plus). A Rio, jour férié = plage, surtout quand il fait beau. Et pour l’événement, un concert était organisé ce soir sur la plage de Copacabana, en hommage aux Jorge : Jorge Aragão, Jorge Vercilo, Jorge Mautner et Jorge Ben Jor , que des Jorge donc, ont fait chanter et danser des centaines de milliers de spectateurs…
21 avril 2007
Ne vous fiez pas à la photo…

En vrai, jamais vu le métro aussi bondé qu’aujourd’hui. Celle-ci date du trajet retour. Il faut dire qu’une course d’avion, c’est pas souvent qu’on a l’occasion d’en voir. La RedBull Air Race est pour la première fois en Amérique du Sud, et c’est Rio qui a été choisie pour inaugurer l’événement. Dans la baie de Guanabara, en face de la plage de Botafogo et sous l’œil bienveillant du Pain de Sucre, une dizaine d’avions s’élancent tour à tour ou ensemble pour effectuer des prouesses aériennes sous les « oooooh ! » admiratifs du public. Le public, parlons-en. Les affiches placardées partout dans Rio avaient annoncé l’événement depuis quelques semaines déjà. Les spectateurs étaient donc présents en masse : petits vieux en couple, jeunes en bande, familles heureuses… Beaucoup, beaucoup de monde, comme lors de tous les évènements organisés à Rio.
Pour voir des avions, il suffit de lever la tête me direz-vous. N’empêche, la foule s’agglutine autour de la plage et des barrières installées pour l’occasion, et tous les postes d’observations sont bons, du dernier étage du centre commercial du quartier aux arbres qui bordent la route. Des loopings et des vrilles, au milieu des nuages, on n’en voit donc que la moitié, et de loin, heureusement que les Cariocas sont un spectacle à eux tous seuls !
12 avril 2007
Du bonheur de retrouver une ville qu’on aime
Arrivée à 5h15. A cette heure-là, il fait encore nuit, à Rio. Mais plus pour longtemps. Très vite le ciel se pare de teintes roses orangées, le ciel clair légèrement embrumé qui laisse distinguer au loin les montagnes. Peu de trafic, le taxi roule vite, et autour de la lagoa les sportifs sont nombreux, très nombreux pour 6h du matin : joggers, cyclistes, et avirons…
La journée commence vite et bien, tout s’enchaîne et la vie quotidienne reprend le dessus sur la nostalgie de quitter ceux qu’on aime. Les cours occupent, les chocolats excusent, et la grippe survit mal au soleil. Tant mieux. En dix jours, rien n’a changé, forcément. Même pas mon portugais… Et quand je dis « Paris », on me répond « Que chic ! ».
Hier j’étais sur la place de Rio de Janeiro, aujourd’hui je suis sur la plage de Rio de Janeiro.
01 avril 2007
La lagoa des cygnes
La lagoa des cygnes
Vidéo envoyée par ptimarco
Le Théâtre Municipal de Rio date de la fin du XIXème siècle, et se veut construit sur le modèle de l’Opéra de Paris. L’Opéra Garnier, donc. Il est situé au centre de Rio, dans l’un de ces quartiers de bureaux complètement désertés le week-end et où il ne fait pas bon s’aventurer en dehors des horaires de bureaux en semaine. Mais lorsque débute la saison 2007 des ballets, il y a foule devant l’édifice imposant ! Et pour cause : exactement 130 ans après sa première présentation à l’Opéra de Moscou (qui fut un échec fracassant, paraît-il), Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski est mis en scène pendant quelques jours à Rio. C’est sans doute l’un des ballets les plus connus, et quand retentit la mélodie si célèbre, on ne peut qu’être transporté… C’est beau, c’est tellement beau. Le bruit des pas de danse sur le parquet donne des frissons, les figures des danseurs font rêver. La culture est à portée de main des Brésiliens : les places vont de 2 à 12 euros (60 euros pour une loge de 6 personnes !). Et dire que je n’ai jamais été à l’Opéra de Paris ! Pour finir la soirée dans le thème, le Palaphita Kitsch, un « barzinho » sur la Lagoa, où naviguent de charmants pédalos en forme de cygnes… (et où accessoirement aussi on trouve les meilleures caïpi de Rio). Ce soir au menu donc, un lac, et des cygnes…
31 mars 2007
Miam Miam !
Le meilleur endroit pour aller à deux, d’après mon Veja Rio, serait un petit resto/bar de Botafogo appelé Miam Miam. Je trouve donc quelqu’un pour ne pas y aller seul (!), et nous voici plongés dans un univers tout droit sorti des années 1950 : le resto est en fait un partenariat entre une chef, et un décorateur. Tous les meubles du restaurant sont à vendre, et ce sont tous des originaux des années 1950, ce qui crée une atmosphère bien particulière, charmante et désorganisée étant donné qu’il n’y a pas 5 chaises pareilles. Les murs de brique, les lumières tamisées, l’espace bar est un salon aux canapés d’époque (avec les ressorts de l’époque !). Et aux tables pour deux, on s’asseoit face à face ou à côté l’un de l’autre…
25 mars 2007
Un petit tour et puis ils s’en vont…
Me revoilà seul. Pas pour longtemps, certes. Dix jours d’amour (et de prises de tête) fraternel, ça fait un bien fou. On a tout partagé : chambre, galères, émotions… Un autre Rio encore : deltaplane, jardin botanique et sambinha na Lapa pour ceux qui rendent l’expression « jamais deux sans trois » vivante et essentielle à mes yeux. Charles a bien profité de la plage…
Un papillon de nuit peut faire peur à une sœur, élire domicile dans les cheveux d’un frère, et faire rire le troisième. Et voilà, les voici les papillons dans le ventre, ça élit domicile dans les boucles et ça se ressent dans le ventre, c’est bizarre ces petites bêtes, quand même…
15 mars 2007
« Tu cours à mes côtés, comme si tu étais mon ombre »
On court, on court, et on saute. Pas le choix, plus de sol. Le deltaplane descend puis remonte. Descend, puis remonte. Comme un avion en papier.
Sous la Pedra Bonita sétend la forêt de Tijuca, le bout de « jungle » qu’il reste à Rio. Devant, les villas luxueuses du quartier huppé de São Conrado. Derrière, les favelas anciennement ennemies de la Rocinha et de Vidigal. Et au loin, le blanc de la plage, les bleus de l’eau et du ciel, et les îles se découpant dans l’horizon…








