26 janvier 2007
Pas dans son assiette…
Morning Yearning
Vidéo envoyée par ptimarco
Ben Harper serait-il un grand timide ? Etait-il malade ce soir ? S’est-il fait larguer aujourd’hui ? Ou braquer, à la Rocinha, avant d’arriver au concert ? Est-il toujours réservé ? Pourquoi n’a-t-il que prononcé deux mots, « thank » et « you », pendant toute la durée du concert, enchaînant les chansons les unes après les autres et changeant de guitare entre chacune d’elles ?
Heureusement que la première partie était bonne (Donavon Frankenreiter), que le percussionniste était déchaîné et le bassiste grandiose, et que Ben a daigné chanter la mélodie qui me réveille tous les matins en ce moment (Morning Yearning)… La fosse n’en était pas une, quelques hystériques étaient quand même présents pour mettre un soupçon d’ambiance.
Monsieur Ben Harper, tu m’as légèrement déçu, ce soir…
25 janvier 2007
Posto 9*
L’avantage d’avoir cours tous les matins, c’est que ça laisse les après-midi de libre. Et dans une ville comme Rio, du temps libre quand il fait beau, ça signifie : la plage !
Pendant les belles après-midis estivales, tous les cariocas jeunes, beaux, riches et intelligents (les JBRI) se donnent rendez-vous sur la plage d’Ipanema, au posto 9.
Il y a les sportifs : ceux qui jouent au foot sur la plage, ceux qui se démènent au beach volley, ceux qui font du volleyfoot. Ils y a les passifs, les oisifs : ceux qui, assis sur leurs chaises ou sur le sable, regardent défiler les muscles des Brésiliens et les fesses des Brésiliennes. Il y a les massifs : ceux qui paradent pour étaler aux yeux des autres les résultats de leurs efforts ou de leur chirurgie esthétique. Peu de chétifs, qui dénoteraient franchement ; peu de rétifs au respect des canons de la beauté en vigueur ; peu de craintifs, qui n’ont pas vraiment leur place à Rio ; pas de maladifs, qui ne viennent pas à la plage ; pas de plaintifs non plus, hormis peut-être quelques Français égarés trouvant l’eau trop froide, la plage trop bondée ou les gens trop superficiels…
Et puis surtout, il y a tous les actifs, plus que vifs : chacun proposant en marchant des tranches de pastèques, des bouts d’ananas, des noix de coco, des paréos, des biscuits Globo, des esquimaux, des brochettes de queijo (fromage), d’agneau, de camarao (crevettes), des boissons, des chapeaux, de la crème solaire, des lunettes, des maillots, de l’açaï…
Et pour finir sur un peu de lascif : les Brésiliennes sont dénuées de tout complexe, et c’est pour le mieux. Le maillot n’a qu’une forme ici, la plus petite possible, et toutes se plient à la règle du minibikini (oui, toutes toutes)…
*à prononcer « Postou Novi »
PS : soyons objectifs : cet usage poussif et abusif d’adjectifs n’est pas définitif, il est dû à un éveil tardif et combatif ;-)
PS 2: la photo est non contractuelle, prise sur la plage de Leblon, au poste 11, un jour où il faisait nettement moins beau qu'aujourd'hui...
24 janvier 2007
Pour moi, ça sera un Coca. Pour moi, "Ainsi Parlait Zarathoustra"…
S’il est tout simplement impossible de s’y retrouver dans les bus de Rio, plusieurs compagnies privées se disputant les différentes routes, le métro carioca, malgré sa limitation aux quartiers nord de la ville, est lui plutôt bien organisé. Sûr, propre et ponctuel. Il faut dire qu’avec deux lignes, la gestion est sans doute plus facile que celle du métro parisien…
Une surprise, en attendant le métro : à côté des distributeurs classiques de boissons et autres avatars de la junk food, un distributeur de livres. En voilà une idée qu’elle est bonne ! Singapour l’aura donc copiée sur Rio, en l’aménageant à sa façon…
Pour quelques reais, et en attendant son métro, on peut donc découvrir la numérologie, se perfectionner sur Excel, en apprendre plus sur la saga Google, et surtout, plus surprenant, revoir ses classiques : tout Nietzsche est disponible, Le Prince et d’autres ouvrages de Machiavel sont également présents… Décidemment, les Brésiliens aiment la culture !
23 janvier 2007
Le hasard sait toujours trouver ceux qui savent s'en servir.*
La Livraria da Travessa du Shopping Leblon est extrêmement bien fournie en littérature étrangère. Dans le rayon « ouvrages en français », en Folio, au milieu des œuvres complètes de Balzac, Baudelaire, Simone de Beauvoir, Dostoïevski, Hugo, Sartre ou Zola, on trouve Antonin Artaud, Barjavel, Roger Caillois. De nombreux guides de voyages sont également disponibles en français, ainsi que ces si jolis livres d’art ou consacrés aux beaux hôtels ou restos partout dans le monde, comme apparemment seules les maisons d’édition françaises savent en publier. Ou alors peut-être qu’avoir un beau livre en français sur sa table basse, c’est du dernier chic au Brésil...
Et en flânant au milieu des étalages (j’ai un penchant obsessionnel pour les livres), sur une table située à l’entrée du magasin (en tête de gondole, comme diraient nos amis marketeurs), que ne tombé-je pas sur… Jean-Christophe de Romain Rolland ! En portugais, et en trois tomes… Cette œuvre, pour laquelle Romain Rolland s’est vu décerner le Prix Nobel de Littérature en 1915, je l’ai cherchée intensément chez les bouquinistes pendant mon passage à Paris. Parce que non rééditée depuis une quinzaine d’année : « vous comprenez, Monsieur, les maisons d’édition ne vont pas s’amuser à publier à 2000 exemplaires un ouvrage, même si c’est une œuvre majeure. S’il n’y a pas assez d’argent à se faire… ». Les correspondances de Zweig, dont Rolland était un ami proche, m’ont réellement donné envie de découvrir cet auteur engagé, musical, internationaliste et pacifiste.
Donc les maisons d’éditions brésiliennes ont plus d’intérêt à publier les œuvres d’un écrivain français que les éditeurs français… c’est tout de même assez pitoyable…
*Romain Rolland, in Jean-Christophe.
22 janvier 2007
Bourré !
Plein à craquer, lotado comme on dit ici…
La caïpirinha est
probablement le cocktail le plus traître du monde : sucré, frais,
fruité, on s’en ressert, on peut en choisir une normale (citron vert)
ou choisir entre ananas, mangue, caju, maracuja… Et d’un coup d’un
seul, boum ! La cachaça fait son effet…
Alors
quand en plus on déguste sa caïpi dans une churrascaria, rien ne va
plus. Tant que le carton est vert, les serveurs défilent à table : en
tout, une trentaine de sortes de viandes différentes. Sans compter le
bar à salades, les fruits de mer, les poissons, les garnitures… Tout
est à volonté, tout est fait pour vous faire exploser… mais c’est
tellement bon, l’excès !
20 janvier 2007
Caetano Veloso au Pain de Sucre
Caetano Veloso au Pain de Sucre
Vidéo envoyée par ptimarco
La
baie de Guanabara illuminée est splendide. De jour, on se prend à rêver
à l’imaginer vierge de tout ce béton, comme au temps des découvreurs de
Rio. De nuit, le scintillement des millions de lumières fait honneur à
la baie. Le Christ apparaît au loin, brillant telle une étoile
au-dessus des autres lumières de la ville.
Il est tard quand le concert commence. Plus de minuit. La vue panoramique depuis le Morro da Urca, et une caïpirinha au maracuja aident à patienter, mais la foule lâche un « ah » de soulagement quand Caetano arrive. Ils se sont fait beaux, les Cariocas, comme d’habitude. Tout le monde connaît les paroles et chante avec lui, décidemment j’aime ces concerts de passionnés (remarque débile s’il en est, car la plupart des concerts sont vus en majorité par des fans, sauf pour les débutants, et Caetano Veloso est tout sauf un débutant si l’on en juge par sa discographie).
C’est un peu comme voir un concert au deuxième étage de la Tour Eiffel, de nuit… Mémorable, donc…
19 janvier 2007
« Sur le périph’, dans un bus, en maillot, avec une planche de surf… »
C’est fou comme un rayon de soleil et un coin de ciel bleu peuvent tout changer : l’humeur, la mer, les morros*. Les cours passent plus vite, tout le monde est à la plage, et le Christ rédempteur apparaît en haut du Morro do Corcovado. Le Christ pour les Cariocas, c’est un peu la Tour Eiffel des Parisiens : on la voit, elle est à nous, on en est fiers et on la trouve magique (surtout quand elle brille) mais on n’y monte jamais.
Dans le bus qui revient de la plage de Barra da Tijuca, la comparaison est inévitable : c’est comme si on était « sur le périph’, dans un bus, en maillot, avec une planche de surf… »
*collines qui font la majesté et la splendeur de la baie de Rio
Quelques règles de bonne conduite…
Ici, à Rio, il y a des règles importantes à respecter sur la route :
- les voitures ont toujours la priorité : piétons, vélos, il faut vraiment faire attention ! Pas comme en France, où l’arrêt Jand’heur permet aux piétons de faire n’importe quoi depuis 1930 (souvenirs d’obscurs cours de responsabilité civile)…
- après 22 heures, les feux rouges deviennent légalement des décorations urbaines : pour raisons de « sécurité », bien entendu. C’est sûr, il vaut mieux mourir dans un accident de voiture que d’une balle perdue lors d’un braquage intempestif. A choisir, je sais pas trop, mais bon…
Bref, je sens que mes trois semaines de conduite parisienne seront les seules de l’année 2006-07…
17 janvier 2007
Pianorquestra: piano à dix mains!
Pianorquestra
Vidéo envoyée par ptimarco
Le
piano à queue a été préparé spécialement : une personne en dessous,
deux au clavier, et deux sur les côtés. Un homme et quatre femmes. Le
piano est un instrument à cordes : que ceux qui en doutent aillent voir
le spectacle. Ses cordes sont triturées dans tous les sens, chaque
partie de l’instrument est utilisée pour produire des sons différents,
et différents outils servent aux musiciens, des baguettes de bois aux
gants, en passant par un fil de fer, de petits marteaux ou des
havaianas. Et le résultat est plutôt réussi : parfois un peu trop
expérimental, mais souvent très rythmé, voire dansant, sur des airs de
samba…
Troisième concert en trois soirs, le Brésil EST un pays musical ;-)
Português em obras
Mon portugais est en travaux. Tout comme l’immeuble sous ma fenêtre. Tous les deux au même niveau : aux fondations. Et tous les deux ont six mois pour grandir et devenir beaux et solides. Seulement, si j’ai hâte de voir mon portugais se renforcer et devenir courant, je ne pense pas attendre de voir pousser le béton en face de chez moi pendant un semestre : se faire réveiller par les marteaux-piqueurs à 7 heures tous les matins (samedis compris, bien entendu), les cris des ouvriers (même si le portugais du Brésil est une très jolie langue) ou même observer (en stéréo) les camions aller et venir toute la journée, n’est pas très agréable.
Premier cours de portugais intensif aujourd’hui : comprendre n’est pas un problème, parler est autrement plus difficile. Surtout quand les toilettes situées en face de ma salle de classe sont en travaux. A l’aide, je suis poursuivi par l’insupportable bruit des travaux !
Si quelqu’un connaît quelqu’un qui a un appart’ à louer ou recherche un coloc sympathique (oui, oui, moi !) à Rio…








