18 novembre 2007
La plage, toujours recommencée*
Le spectacle incessant des passants jouant aux estivants, comme à Rio en moins intense, en plus petit, mais avec la fureur de vivre israélienne. Les raquettes de bois ont toujours été ultra-populaires en Israël, les plus téméraires vont affronter le « froid » des flots, la capoeira compte de plus en plus d’adeptes. Les oiseaux migrent, en groupe et en V : ils suivent la côte vers le Sud, toujours le même chemin, à la même période de l’année et à la même heure de la journée.
Juste avant le coucher de soleil, qui se fait, majestueux et chaleureux, au son des djembés qui font danser et au milieu d’une sorte de cirque improvisé de jongleurs et autres acrobates néo-hippies.
Et les galets subissent les assauts répétés des vagues en colère…
*un titre pas très original vu que détourné d'un post précédent, titre copié de Paul Valéry...
17 novembre 2007
Brocante et délices néobobos
Au sud de Neve Tsedek, à Jaffa, le plus ancien port de la Méditerranée, à partir duquel Tel Aviv s’est développée, Juifs et Arabes cohabitent depuis des siècles. Tous les jours un souk qui s’apparente plutôt à une brocante anime les ruelles fleuries et les vieilles maisons décrépies. On trouve de tout chez ces antiquaires primitifs (« primitifs » n’étant ici nullement péjoratif et indiquant seulement que la plupart des boutiques sont des hangars aux vieilleries empilées).
Entre les meubles vermoulus, les portes arrachées, les miroirs art déco, les mosaïques colorées, les luminaires rétro, les décorations soviétiques et les tire-bouchons antiques, ça chine et ça négocie ferme dans une ambiance ensoleillée.
Et après quelques achats, il faut aller découvrir le restaurant de Margareth. Margareth a toujours le sourire. C’est une mama géorgienne qui a retravaillé la cuisine marocaine à ses sauces. Une cuisine artisanale et familiale qu’elle fait dans ses propres marmites. Margareth est fière de nous faire visiter sa cuisine : cheminée en étain, et petites casseroles, elle fait tout toute seule. Pour mieux garder ses secrets ? Le resto n’est pas ouvert tous les jours : il faut appeler pour savoir si aujourd’hui on aura la chance de goûter aux saveurs de Magareth. Reconnue pour ses sardines farcies et ses kebabs de poisson, ses salades colorées d’entrée font mouche. La salle est un patio, qui donne sur la mer et vit : tout autour poussent les herbes qui réveillent les plats, s’étirent des chats qui réclament leur part, s’amoncèlent des courges dans des canapés en osier. Le calme règne en maître et la sérénité invite à la dégustation. Il ne sert à rien d’insister : Margareth ne fait pas de vente à emporter. Alors il ne reste plus qu’à y aller ! Et savourer…
16 novembre 2007
Lever de soleil et bicoques branchées
Vol de nuit. Arrivée à Tel Aviv à 4h30. La nuit est encore noire, n’allons pas réveiller nos hôtes si tôt : le vendredi matin est pour les Israéliens l’égal de notre samedi matin. Direction la Tayelet, le front de mer, où côte à côte s’élèvent d’horribles constructions en blocs : l’architecture des 60’s – 70’s, comme à Rio, a ici fait des ravages. Et au milieu de cette anarchie de béton, ouvert toute la nuit, Yodvata in town, un resto bio dont tous les produits viennent du kibboutz éponyme. Jusqu’au lever du soleil, sirotons un jus de mangue frais. L’air marin, empli d’odeurs de vacances ; le ciel bleu et jaune, promesse d’une journée estivale ; la circulation, rappel de la frénésie perpétuelle israélienne.
L’appartement biscornu des cousins ex-londoniens est au premier étage mais déjà sous les toits. Neve Tzedek est l’endroit bobo de Tel Aviv, le premier quartier juif de la ville lorsque le pays était encore un mandat britannique. Les petites rues fleuries et ensoleillées s’entremêlent dans une joyeuse et paisible confusion. Les brunchs branchés et boutiques design essaiment au détour des cours ombragées. Le quartier en entier est en voie de réhabilitation, et les espaces, rares, se vendent des fortunes. Les antiques bâtisses se démolissent et les façades sont liftées en lofts.
15 novembre 2007
Sourire retrouvé en milieu aéroportuaire
Apparemment je me serais mal habitué ces derniers mois. Trop besoin de bouger, de voyager, de prendre l’avion. Un billet spontané et un départ précipité, loin des grèves, de la grisaille, de la morosité parisienne. J’aime Paris, sans doute la plus belle ville du monde mais elle a un effet attristant sur mon moral. Probablement la fin de la vie étudiante insouciante, l’entrée dans l’active tardive.
Toujours est-il qu’à peine débarqué en salle d’embarquement, les rencontres se montrent et rendent léger, léger. On s’envole pour quelques jours. La pesanteur des idées noires s’éclaircit au-dessus des nuages.
Et en attendant l’avion, un jeune israélien s’assoit par terre, pose sa casquette et sort sa guitare. A ses côtés, des religieux debout prient : c’est l’office du soir. Voilà l’éclectisme de ce pays fou : une bonne dose d’atypisme avant d’embarquer…








