17 février 2007
Brazilian eye-contact... beije, beije, beije!
Pendant le Carnaval, au Brésil, c’est facile : vous regardez quelqu’un qui vous plaît, et si son regard s’accroche, c’est gagné, vous pouvez aller l’embrasser. L’efficacité à son paroxysme : pas de parlotte inutile, on va straight to the point.
D’autres techniques observées : au milieu de la foule, on prend une fille par le poignet, si elle sourit on l’embrasse, sinon on tente plus loin. Existe en variante avec une main sur la taille. On offre un long collier à une fille, on lui met et on en profite pour l’embrasser. Bref, les Brésiliens sont très imaginatifs pour ce genre de choses.
Certaines allées proches du circuit Barra/Ondina sont « réservées » aux gays. J’ai toujours admiré le côté direct des homos : c’est entre eux que l’eye contact est décliné dans sa version la plus épurée, c’est à peine si on se regarde avant de se rouler les plus grosses galoches auxquelles il m’ait été donné d’assister. Pas de chichis, par de faux-semblants, le « qui ne tente rien n’a rien » est érigé en principe inamovible.
La photo a été prise au Carnaval de Salvador, mais pas par moi... l'article dont elle provient est ici.
16 février 2007
Imaginez un concert…
Disons, de rock. Avec une fosse bien pleine, bien tassée. Déchaînée, bien entendu.
Maintenant imaginez que cette foule avance, entrecoupée tous les 500 mètres par d’énormes camions-sono crachant chacun une musique différente. Toutes les chansons, interprétées par des légendes locales (Gilberto Gil*, Lulu Santos, Ivete Sangalo, Margareth Menezes, Caetano Veloso) sont des classiques de carnaval, connus de tous. Ce n’est pas du rock, c’est de l’axé, de la samba, de l’afro-samba, du reggae-samba. Evidemment, la foule en délire scande les paroles, saute, danse. Elle exulte. Une espèce de transe collective s’empare parfois de cette multitude.
Des grappes de policiers, casqués et de beige vêtus, pareils à des soldats américains en Irak, traversent la foule pour tenter tant bien que mal de la contrôler : est-ce possible ? Un semblant d’organisation voudrait réguler ce joyeux bordel, mais les retards atteignent quand même trois, quatre heures… c’est le Brésil, c’est normal, et puis c’est le Carnaval, c’est la fête…
Sur les avenues parallèles à celle du défilé, des centaines de petits stands proposent à boire, à manger. En somme, tout ça n’est qu’une kermesse géante, une immense fête foraine à l’échelle d’une ville. Qui n’est pas sans rappeler une certaine fête des ballons…
*le ministre de la culture brésilien en personne. Imaginez Renaud Donnedieu de Vabres en dreadlocks, guitare à la main, donner le ton à la fête du haut d’un camion sur les Champs…
Musique : l’entraînant (le mot est faible) Dandalunda de Margareth Menezes.
14 février 2007
Un amoureux transi est-il en transe?
Première Saint-Valentin sans amoureuse depuis six ans. Au moins ici, la folie commerciale n'a pas pris et ne me rappelle cette fête romaine si ce n'est l'association "14 février = Saint-Valentin" que m'ont mise dans la tête vingt années de vie parisienne.
Il pleut sur Praia do Forte. les tortues du projet TAMAR semblent contentes, et les petits bateaux de pêche s'en foutent royalement, mais une station balnéaire sous la pluie, c'est toujours un peu triste, non?
Ce soir, dans le quartier de Boca do Rio, on prie Xango, le dieu de la justice. La cérémonie de condomblé est bien réelle, elle n'est pas faite pour les touristes, qui, en plus d'être frustrés de ne pas pouvoir prendre de photos, ne comprennent rien, sans explications ni sous-titres. Une vingtaine de personnes tournent en rond au son des percussions et entrent en transe, chacune son tour, chacune à sa façon. Plutôt prenant et impressionnant, mais quand on n'a pas la notice...
13 février 2007
Le creux de la vague
C'est
bien connu: quand il pleut sur une île où aller à la plage est la
principale activité, il n'y a pas grand chose à faire. Les sentiers de
sable se transforment en torrents boueux, et il ne reste plus qu'à
prendre le bateau pour rentrer. Traversée houleuse, donc, et le mal de
mer fait plusieurs victimes sur le catamara à moteur.
Salvador
sous le déluge n'est guère plus réjouissante. Les pavés se décollent et
les égoûts débordent, heureusement que tout le monde est en tongs. Mais
le soir, quand ça s'arrête, la fête reprend ses droits dans le
Pelourinho: le bloco "Swing do Pelo" enflamme les rues de ses
percussions et la jeunesse danse...
12 février 2007
No Morro de Sao Paulo
A
midi, le soleil au zénith ne projette aucune ombre. Les deux heures de
bateau jusqu'à Morro de Sao Paulo valent bien la peine. Des bateaux de
pêcheurs, des cocotiers, du sable blanc et une eau transparente. Pas de
voitures. Les taxis sont des brouettes. L'île a des airs de village de
pêcheurs endormi, ressuscité par les touristes. Chaque édifice semble
reconverti en pousada, les petites échoppes au bord des plages
proposent poissons et fruits de mer. Frais. Avec des jeunes backpackers du monde entier, un petit air de Koh Phi
Phi, en moins bétonné.
Sur
la plage numéro 4, les baigneurs bronzent dans les 50 centimètres d'eau
qui constituent les 100 premiers mètres d'océan. Les veudeurs de glaces
et de noix de coco les servent les pieds dans l'eau. Dans un tel cadre,
impossible d'être stressé.
Une roda de capoeira s'improvise sur la plage n°2, mêlant touristes et locaux.
Comme
à Koh Phi Phi, énormément d'Israéliens, accueillis dans les boutiques
et les restos par des traductions en hébreu. Il y a des endroits comme
ça... Et le soir, malgré la pluie, les petites roulottes de caïpirinhas
se rassemblent sur la plage n°2, et ça danse, et ça se rencontre, et ça
bavarde...
11 février 2007
Messes et plages bahianaises
Salvador est une ville d'églises: le centre historique comme les quartiers les plus récents en regorgent. On ne compte plus les "églises universelles du règne de Dieu" ou les "églises internationales de la grâce de Jésus" (notez les variations infimes). Dans le Pelourinho, celle de Sao Francisco est fastueuse, dorée et clinquante à souhait, mais la messe y est plutôt terne. La plus "connue" reste celle do Senhor do Bonfim, qui s'est taillé une petite renommée internationale grâce aux fitas, ces petits bracelets multicolores qui ont fait la fortune des marchands de porte-bonheurs il y a quelques années... La messe y est plus joyeuse, chantée, tandisqu'à l'extérieur les "vendeurs" de fitas s'affairent autour des touristes, telles ces vieilles femmes "offrant" des fils rouges à certains points stratégiques de Jérusalem.
L'igreja de Bonfim est un peu excentrée, ce qui permet de découvrir un autre aspect de Salvador, le Mont Serrat et sa vue sur la baie (une vue typiquement brésilienne, n'est-ce pas?;-), et d'autres plages, bondées... Le dimanche au Brésil, les gens vont plus à la plage qu'à la messe.
Les plages de Piata et d'Itapua, éloignées du centre-ville, offrent un peu plus d'espace. Quelques cocotiers d'un côté, une mer calme de l'autre, la large plage est disposée comme toutes celles de Bahia: des paillotes et des centaines de tables et chaises en plastique garnies de parasols. Apparemment, c'est la façon bahianaise d'aller à la plage: on s'asseoit à une table et on y reste la journée. Personne n'est posé sur le sable. Et le culte du corps semble également moins affirmé qu'à Rio...
10 février 2007
A la découverte de Salvador...
Au
réveil, les nuages de la nuit obscurcissent encore le ciel, ayant
laissé derrière eux des trous remplis d'eau au milieu des pavés
discordants. Peu à peu le soleil perce et les façades flambent, leurs
couleurs pastels donnant le ton et conférant son charme à la vieille
ville. Des percussionnistes s'entraînent à tous les coins de rue, le
Pelourinho s'anime avec l'afflux des touristes. Beaucoup (trop?) de
boutiques leur sont réservées et les vendeurs/arnaqueurs de rue sont
légion. De même, les coiffeurs traditionnels africanisants sont
présents en masse, presque autant que les mamas bahianaises et leurs
acarajés. La cuisine locale à base d'huile de palme est réputée
délicieuse. Réputée. Parce que dans les faits, elle est bien grasse
(les deux termes n'étant assurément pas incompatibles).
La
ville basse est accessible par un ascenseur de 75 mètres, qui date des
années 1930 et coûte cinq centavos. L'elevador Lacerda, puisque c'est
son nom, conduit au Mercado Modelo, un ancien marché aux esclaves
reconverti en marché à touristes (eh oui, les choses changent... les
touristes sont-ils prisonniers du mauvais goût qui caractérise les
objets qu'on veut leur vendre?) Le week-end, la ville basse est peu
rassurante...
Au
coucher du soleil, la plage de Barra baigne dans une lumière douce et
chaude. Et quand l'astre solaire s'éteint complètement en plongeant
dans la mer, une clameur et des applaudissement s'élèvent depuis la
plage bondée...
09 février 2007
Le déluge en guise de bienvenue nocturne
Quatre heures et demie de retard, pour un vol d'une heure quarante, ça commence à faire beaucoup. Le plus dur dans ces cas-là, c'est l'impuissance totale à laquelle on est réduit. Assis sur une inconfortable chaise en plastique, dans un aéroport vieillot et sombre (les années 1960-70 étaient-elles fâchées avec la lumière?), en subissant la rengaine entêtante de la voix informatisée suave et hachée annonçant les vols en portugais puis en anglais. Enfin, comme on dit, le plus important est d'arriver à bon port!
Salvador, la baie de tous les saints. Arrivée nocturne et centrale. Au Pelourinho, dans la ville haute. Rues pavées en pente, immeubles délabrés et colorés. La fête est dans la rue. Les pavés n'en sont pas, assemblage hétéroclite de pierres mal taillées et mal fixées. On danse un peu, on boit beaucoup, s'amuse-t-on vraiment? Nous sommes au pays de la capoeira, une roda d'angola attire les badauds sur l'une des places principales du Pelourinho. Une des places desquelles il ne faut pas s'éloigner, en ne passant que par les rues les plus larges et éclairées. Les précautions répétées à longueur de journée invitent à la paranoïa, à laquelle on tente de ne pas céder. Bien rentrés. Ouf. Le déluge peut bien arriver, maintenant. Et c'est ce qu'il fait, une bonne partie de la nuit...








