Images et Impressions d'un Cosmopolite

Mes villes, instantanés et réflexions... "Cosmopolite: Qui vit indifféremment dans tous les pays."

12 novembre 2006

Yangoon Jews

Des Juifs à Rangoon. Qu’il y en ait eu, je n’en doutais pas, qu’il y
en ait encore, je ne m’en doutais pas… Malgré la junte au pouvoir et
l’embargo, il reste une vingtaine de Juifs dans la capitale birmane.
Sur 2500, avant la seconde guerre mondiale, ça ne fait plus beaucoup.
La communauté locale se meurt. La synagogue est belle, simple,
émouvante. Sur la 26ème rue (est-ce fait exprès ?), elle date de 1896,
fondée par des Juifs irakiens, comme à Singapour. Il reste deux sefer
torah et un rabbin vient de Bangkok plusieurs fois par an pour célébrer
les fêtes importantes avec les survivants de la communauté.

yangsynaSamedi
matin, mais pas d’office. Moses Samuels, longgi (jupe traditionnelle
birmane) autour de la taille et kippa sur la tête, est gardien de la
synagogue de Yangoon (et responsable de la communauté). Il l’ouvre tous
les matins pour les touristes intéressés et tente de préserver un
semblant de vie communautaire.
La synagogue est blanche et bleue.
Bancs en bois et en osier, les fenêtres sont ouvertes, laissant passer
des rayons de soleil, et de petits oiseaux volent et chantent entre les
piliers en teck. Aux murs, des posters publicitaires des années 1970
promeuvent Israël. Un livre d’or recueille impressions et dons des
touristes émus venus du monde entier.

Mais la communauté de Yangoon
est à l’agonie. 20 personnes dont la moyenne d’âge tourne autour de 60
ans, on est passé en dessous du seuil de perpétuation de l’espèce.
C’est bientôt fini, et c’est plutôt triste. Il n’y a qu’à voir l’état
du cimetière juif de Rangoon, sur la 91ème rue. En plein centre-ville,
entouré de vieux murs de béton, dans un quartier pauvre. yangcimeti_reQuelques
familles birmanes vivent dans l’enceinte du cimetière, dans des maisons
d’osier et une pauvreté extrême, avec des chiens galeux. Ils vivent là
mais ne s’occupent guère des tombes. Tombes de béton, alignement de
caveaux, inscriptions en hébreu et en anglais. Les plus récents RIP
(rest in peace) datent des années 1980. Les allées sont envahies de
mauvaises herbes, des arbres poussent entre les tombes et les
détruisent petit à petit. Le cimetière est à l’abandon, voué à une
destruction prochaine, les autorités birmanes l’ont déjà prévu. Alors
qu’il suffirait de quelques milliers de dollars pour tout restaurer et
préserver ce site chargé d’histoire et d’émotions…

Bah, si le
pays s’ouvre, des Juifs s’installeront (le pays regorge de pierres
précieuses) et referont vivre la communauté. S’il n’est pas déjà trop
tard…

Un article récent sur le sujet

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11 novembre 2006

Pagodes et pierres précieuses

yangpagodeDes pagodes, on en aura vu au Myanmar. Mais la Schwedagon de Rangoon est unique. "Tout simplement la plus belle pagode du monde" affirme le Routard. Je n'aurai pas la prétention de le confirmer, mais je dois avouer que tant de grandeur et de richesse impressionne. Un moine qui étudie l'anglais nous fait une visite guidée. Des cloches, des bouddhas, des stûpas et de l’or. De l’or, partout. Le stûpa central (où sont conservés quelques cheveux de l’un des quatre bouddhas) est recouvert d’or, et à son sommet scintillent quelques milliers de pierres précieuses à la tombée de la nuit.
Tant de richesses dans un pays si pauvre… comme l’Eglise de l’Ancien régime.. La religion est un refuge, après tout… mais quand même…

yangjadeUn conseil pour les futurs visiteurs de Rangoon : le musée des pierres précieuses est vraiment pourri, hors de prix, kitsch, et les pierres ne sont pas du tout mises en valeur. C’est dommage, car il y en a de très belles, mais bon… Au moins j’aurai appris dans les boutiques attenantes qu’un bracelet de jade pouvait coûter 6000 USD !!! Et les prix sont très bas au Myanmar, car le pays renferme dans son sous-sol quasiment toutes les sortes de pierres précieuses et semi-précieuses qui existent….


Posté par marc o à 23:23 - Voyages : Myanmar - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 novembre 2006

Le repos du Mont Popa

popachateauLe Mont Popa, c’est un peu le château dans le ciel : un temple posé sur un pic volcanique et qui se détache dans la vallée. Et tout en haut, des moines, des singes et du calme. Parfait pour une séance photo et lire au soleil…

Des temples, à Bagan, il y en a plein à voir. Mais disons que les moines et les bouddhas, après une dizaine de temples… Alors on se promène : Leya est un petit village perdu au bord de l’Irrawady, au milieu des temples… Maisons en osier, bœufs en goguette, et des enfants, encore… popasingesetmoinesLes mots qui me viennent sont « hors du temps », « sérénité », « calme », « repos », « bien-être ». Et une douce mélancolie nous envahit… (effet secondaire du Lariam ou blues bucolique ?)


Posté par marc o à 21:39 - Voyages : Myanmar - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2006

Bagan et ses temples

bagancarriole22500 temples dans une plaine. Tous en brique rouge, tous vieux de 8 à 10 siècles. 2500, ça fait beaucoup, on ne peut pas tous les faire. Et puis, ils ne valent pas tous le coup. On aurait pu louer des vélos, on préfère prendre une carriole. Et nous voici trimballés au soleil, de temple en temple, sur des sentiers de sable, au milieu des champs, tirés par un cheval fatigué (tous leurs chevaux sont fatigués, on en voit même un s’écrouler en chemin). Entre les temples, des champs, donc des paysans, des charrues, des bœufs, des troupeaux. Le ciel est si bleu. D'un bleu éclatant.

bagancoucher2Sur certains temples, on peut grimper, et à Bagan, c’est la vue qui impressionne. La vue de centaines de temples s’élevant au milieu des champs. Au soleil. Au coucher du soleil surtout. Malgré les hordes de touristes (parmi lesquels la jolie petite Camille), la lumière en fin de journée est tellement belle… Et toujours, les enfants… qui rient, qui jouent, qui vendent… qui font vivre les temples…


Posté par marc o à 20:58 - Voyages : Myanmar - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 novembre 2006

L'échappée belle

Joyeux anniversaire Alex ! Sur le bateau, toute la journée. TOUTE. De 5h à 18h. De avant le lever du soleil jusqu’après son coucher. De Mandalay à Bagan.
bat1On a pris le slow boat parce qu’il y a moins de touristes et des arrêts dans des villages. Moins de confort mais plus de vie birmane. A chaque arrêt le pont se remplit de vendeurs ambulants, fruits, beignets, gâteaux, la corne de brume retentit et une agitation toute locale s’empare du bateau. Le fleuve est large et bas, à l’approche du bateau les villageois se regroupent sur les rives en pente pour embarquer, accueillir un proche, décharger, vendre ou voir, tout simplement. On troque des couvertures locales contre des échantillons de bat2parfum, du shampooing. Cahutes de paille, pirogues nonchalantes, carrioles fatiguées, bœufs blasés, cochons agités, enfants émerveillés… Des scènes de vie ancestrales, moyen-âgeuses (dans la bonne acception du terme). La modernité n’est pas là, et c’est peut-être tant mieux, non ? Forcément, on se projette, on a de la peine, mais ces gens ne sont pas plus malheureux que nous, avec nos soucis qu’on s’est inventés. Le bonheur que nous qualifions de « simple », n’est-ce pas ça la vraie vie ?

Une vieille Birmane réajuste le drap sur l’épaule d’Eli qui dort. L’amour maternel, c’est universel, ça n’a pas de frontières et c’est juste… beau…

(Merci à Barjavel pour sa Nuit des temps lue sur le bateau et surtout à Anna Gavalda pour son échappée belle relue au même endroit)


Posté par marc o à 20:27 - Voyages : Myanmar - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 novembre 2006

Les villes impériales, autour de Mandalay

mandpont2Agréable. L’atmosphère est juste agréable, on se sent bien. Le petit taxi bleu défoncé nous mène cahin-caha vers les différentes et successives capitales de la Birmanie. De magnifiques temples en teck, des petits moines à l’école (imaginons un moine qui viendrait dans notre école et nous prendrait en photo ;-), le plus grand livre du monde, des stûpas blanches et dorées (encore !), des bonbons pour les enfants, des vaches devant les temples (Mandala à Mandalay, ha ha), des nonnes en rose priant devant une vue mandpetitmoinepanoramique, une tour de Pise locale penchée par un tremblement de terre au XIXème siècle, des sourires d’enfants, un moine en Ray Ban, une balade en calèche dans la campagne, très peu de touristes, une pirogue en teck elle aussi, le plus long pont du monde en teck (décidément !), des enfants commerçants (en français dans le texte : « c’est joli, c’est pas cher, c’est local et c’est moi qui l’ai fait ! »… Mais oui mon petit, c’est toi qui l’a fait…
Et la pluie qui dégouline à travers le toit rouillé de notre petit taxi bleu…

(Toutes les photos dans l'album)


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06 novembre 2006

Problèmes d'humour et d'électricité

mandairportL’aéroport international de Mandalay est flambant neuf. Mais il n’a d’international que le nom, puisqu’il n’est desservi que par des lignes intérieures : 4 à 5 vols par jour, c’est un peu cher payé pour l’image du pays ! Lumières éteintes dans un aéroport tout neuf, l’atmosphère est étrange.
Lumières éteintes. Parce que oui, il y a des coupures d’électricité à Mandalay, comme partout en Birmanie. Notre « hôtel » a la clim ce soir, mais pas demain parce que l’électricité de la ville est répartie par quartier : un soir toi, un soir moi… tout simplement ! et les rues ne sont pas éclairées, ça non…

mandmoustacheLes Moustache brothers : Par Par Lay, Zu Law, Zu Maw. Des comédiens birmans reclus dans leur garage de Mandalay où ils se produisent tous les soirs pour les touristes de passage. Des blagues un peu lourdes, un anglais parfois approximatif, des danses locales et du comique de situation, on leur pardonne parce qu’ils ont quand même passé 5 ans dans les geôles birmanes (et ça doit pas être agréable !) pour avoir fait une blague sur la junte au pouvoir… Eh ouais…


Posté par marc o à 19:51 - Voyages : Myanmar - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 novembre 2006

Une journée sur le lac...

lacfleursJoyeux anniversaire Elinor ! Journée en pirogue sur le lac Inle. Un lac immense (un peu comme le Tonle Sap au Cambodge, mais en un peu moins grand quand même), lieu de vie de nombreux Birmans. lackarenMaisons sur pilotis, villages flottants. Notre pirogue s’arrête dans toutes les « fabriques » du lac : métiers à tisser, rouets, laque, cigares… Des femmes Karen, les « femmes-giraffes » au long cou cerclé d’or, tissent leurs vêtements traditionnels sous les objectifs des touristes.

lactempleVisites de temples. L’un est constitué de centaines de stûpas (ces « cônes » de pierre blanche ou d’or si caractéristiques de la Birmanie). Un autre est réputé pour ses chats sauteurs. Oui, des chats qui sautent… Super !lacchat Un moine empoigne un chat, lui met un cerceau à un mètre de hauteur, et le chat saute pour avoir une croquette. Et ça, ça attire les touristes. Super…

lacfeuillesdorUn autre temple encore possède quatre petite statues de bouddhas que les pèlerins recouvrent d’or à l’aide de minuscules feuilles d’or vendues autour.

lacpetiteMais ce qui est remarquable dans tous ces temples, c’est la vie qui règne autour et à l’intérieur. Des enfants qui jouent, qui rigolent et qui nous supplient de les prendre en photo. Des femmes qui nous offrent des fleurs. Des gens qui bavardent, qui mangent. Des vendeurs de souvenirs, bien sûr (ah, les marchands du temple !). Un méli-mélo de cris et de vie, qui rend bien austères les églises…


Posté par marc o à 19:04 - Voyages : Myanmar - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 novembre 2006

Le Myanmar, un pays tout simplement spécial…

Très vite on peut affirmer que le Myanmar ne ressemble à aucun autre pays de la région. Tout d’abord, les gens portent quasiment tous leurs habits traditionnels : le longgy, une sorte de jupe longue, pour les hommes, et pour les femmes pareil. Les infrastructures touristiques sont peu développées, pratiquement personne ne parle anglais. blettresL’alphabet est rigolo : on dirait de petits bonhommes. Il y a 1h30 de décalage avec Singap : c’est marrant, la demi-heure de décalage (oui, je m’extasie pour si peu de choses, je sais…). La monnaie locale, le Kyat (prononcer « chiate », vite devenu « chiottes » pour nous étant donné le degré d’utilisation élevé des billets), ne peut être obtenu qu’avec des dollars US, il n’y a pas de distributeurs de billets dans le pays et la carte n’est acceptée nulle part : le plus gros billet en Kyats est celui de 1000 Kyats, soit 60 centimes d’euros environ, donc autant dire qu’on se ballade vite avec de grosses liasses dans la poche. Les prix sont un peu plus élevés que dans les pays alentour, mais uniquement pour les touristes : parce que bizarrement, si tout ce qu’on achète s’élève au minimum à quelques centaines de kyats, les autochtones, eux, utilisent des billets de 5, 10 ou 20 kyats… même s’ils nous disent « old money, old money », c’est étrange, ce sentiment de se faire avoir en permanence, avec des « entrance fees » à tout va : tu veux rentrer dans la ville ? tu paies ! dans une pagode ? tu paies ! dans le jardin public ? tu paies ! passer le pont ? tu paies ! Payer, payer, ok, on est des touristes, mais à la fin, ça devient assez rageant !!!....
Le Myanmar est un pays fermé. Sous embargo. Et pour cette raison on ne trouve aucun produit importé. Tout est fabriqué localement. Donc pas de Coca ni d’Oreo. En théorie. Parce que du Coca, on peut quand même en trouver, de contrebande thaïlandaise. C’est assez étrange de ne trouver aucune « marque connue ». Et ça fait se rendre compte à quel point notre monde s’uniformise…


Posté par marc o à 22:59 - Voyages : Myanmar - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Vite, au lac Inle ! La fête des ballons (premières impressions birmanes)

broutedefLe lac Inle est accessible à partir de l’aéroport militaire de Heho. Le vol Yangoon-Bagan dure 45 minutes, sur Air Bagan, une des quatre compagnies aériennes du pays (une non-crashable en théorie. Parce qu’une fois Myanma Air, la compagnie officielle, a quand même mis 24 heures à se rendre compte qu’un de ses avions s’était crashé. Rassurant, tout ça… Mais c’est soit une heure de vol, soit 15 heures de bus… Bref.). Rejoindre Nyaungshwe dure autant de temps, une heure à l’arrière d’un pick-up sur une route défoncée (il faut aller au Myanmar pour comprendre ce qu’est une route défoncée…).

Nous avons de la chance : ce soir, c’est le dernier jour de la « fête de ballons » à Taunggy. Expérimentons les transports en commun locaux. Les « bus » sont des pick-ups fermés, qu’on remplit dedans et dessus. En gros, les femmes sont en bas, les bpickuphommes sur le toit (les femmes sont considérées comme inférieures dans le bouddhisme birman : elles ne peuvent donc pas « s’asseoir » sur des hommes, ni approcher de trop près les statues de bouddhas dans les temples). 25 femmes entassées à l’arrière, une vingtaine d’hommes tout serrés au-dessus, quelques uns accrochés sur les côtés, à toute vitesse sur une route de montagne défoncée, on double par la droite ou par la gauche, c’est selon, on conduit à droite mais le volant est à droite lui aussi… Logique, le pays était une colonie britannique, puis dans un souci d’effacer le passé colonial, la junte au pouvoir a décidé il y a quelques années d’imposer la conduite à droite… (Vive la sécurité routière !). Sur la route, des tracteurs au moteur extérieur, et des véhicules recrachant la fumée la plus noire qu’il est possible d’imaginer… Bref, c’est en effet une expérience : a one-time experience, though !

bprocessionSoir de pleine lune. La fête des ballons. Une sorte de foire du trône immense, à l’ambiance survoltée, indescriptible. Des milliers de Birmans qui crient, chantent, sautent à la queue leu leu, dansent, quasi en transe. Des processions éclairées avec des milliers de bougies (un peu la parade de Noël d’Eurodisney, en couleur locale). Des stands de vêtements, de nourriture étrange, de produits inconnus. Des attractions aussi : des jeux d'argent (roulettes simplissimes), manèges qui tournent à la force des bras, et surtout des grandes roues… sans moteur : dès que les nacelles sont occupées, des hommes grimpent en haut de la roue et font bgderouepeser leur poids sur la structure pour la faire tourner… et pour freiner, c’est pareil, on s’accroche à des nacelles pour immobiliser la roue : impressionnant ! Le tout baigné dans une musique birmane criarde crachée par des hauts-parleurs grésillants. Ambiance…
Et les ballons, dans l’histoire ? Il fait nuit, la lune est pleine, et le ciel noir s’emplit de ballons lumineux de toutes formes. Certains sont bourrés de feux d’artifices, qui explosent et illuminent l’atmosphère pendant de longues minutes. Des sortes de montgolfières d’où partent de tous côtés des étincelles multicolores… Et l’agitation s’arrête un instant, toutes les têtes étant levées vers le ciel…


Posté par marc o à 18:49 - Voyages : Myanmar - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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